La Maison blanche réduit ses prévisions de croissance

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LA MAISON BLANCHE REVOIT À LA BAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE POUR 2012 ET 2013
LA MAISON BLANCHE REVOIT À LA BAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE POUR 2012 ET 2013

par Laura MacInnis

WASHINGTON (Reuters) - La Maison blanche a revu à la baisse vendredi ses prévisions de croissance pour 2012 et 2013, quelques heures après la confirmation d'un ralentissement de l'économie ces derniers mois, une tendance qui sera l'un des enjeux clés de l'élection présidentielle de novembre.

Dans son rapport semestriel sur le budget, la présidence américaine dit prévoir désormais une croissance de 2,3% du produit intérieur brut (PIB) cette année et de 2,7% l'an prochain. En février, elle tablait sur des chiffres de 2,7% et 3,0% respectivement.

"L'économie continue d'affronter d'importants vents contraires qui ont pesé sur la croissance et limité la progression de l'emploi", explique le rapport sur le projet de budget 2013.

L'exécutif a également revu à la hausse son estimation du déficit du budget fédéral pour le prochain exercice, qui débutera le 1er octobre, à 991 milliards de dollars (806 milliards d'euros) contre 901 milliards prévus en février.

Pour l'exercice en cours, le déficit devrait être un peu moins important qu'estimé initialement, à 1.211 milliards de dollars, soit 7,8% du PIB, contre 1.327 milliards.

Sur la période 2013-2021, la Maison blanche estime que le déficit cumulé sera inférieur de 240 milliards de dollars aux projections antérieures.

Le projet de budget défendu par l'administration Obama pour 2013 a été rejeté au Congrès, les Républicains s'opposant à toute augmentation des prélèvements obligatoires tandis que les Démocrates veulent conjuguer augmentation des recettes fiscales et réduction des dépenses.

Les Républicains sont majoritaires à la Chambre des représentants, les Démocrates au Sénat.

UN "MUR BUDGÉTAIRE" EN VUE

Un accord conclu en août dernier pour éviter un défaut des Etats-Unis sur leur dette a fixé des plafonds de dépenses pour cette année. Mais un autre conflit se profile pour la fin 2012, sous la forme d'une conjonction entre l'expiration d'importantes réductions d'impôts et des coupes dans les dépenses, une échéance surnommée le "mur budgétaire".

La semaine prochaine, la Chambre devrait rejeter une proposition de l'équipe Obama prévoyant des augmentations d'impôt pour les foyers gagnant plus de 250.000 dollars par an tout en prolongeant d'un an, pour les classes moyennes, le barème fiscal en vigueur depuis la présidence de George W. Bush, un projet soutenu par le Sénat.

"Si le président est sérieux quand il parle de reconstruire cette économie, il va travailler avec les Républicains pour empêcher ces augmentations d'impôts et réformer le code des impôts, afin de créer un environnement plus favorable à la création d'emploi dans le secteur privé", a déclaré John Boehner, le président républicain de la Chambre, dans un communiqué vendredi.

En début de journée, le département du Commerce a annoncé que le PIB n'avait progressé que de 1,5% en rythme annualisé au deuxième trimestre, le chiffre le plus faible enregistré depuis le troisième trimestre de l'an dernier.

Ce chiffre et la persistance du chômage, qui touche 8,2% de la population active, sont deux motifs de préoccupation majeure pour la campagne de Barack Obama, dont les chances de réélection le 6 novembre pourraient être affectées. Lors de son accession à la présidence en 2008, le taux de chômage n'était que de 6,5%; il a ensuite culminé à 10% fin 2009.

Un sondage CBS-New York Times publié cette semaine a montré que 39% des personnes interrogées approuvaient la politique économique de Barack Obama alors que 55% la désapprouvaient. En avril, ce rapport était de 44-48.

Marc Angrand pour le service français

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