La Maison blanche cherche à calmer le jeu avec Berlin

le
0
 (Ajoute commentaire de la Maison blanche) 
    BERLIN, 30 mai (Reuters) - Donald Trump considère 
l'Allemagne comme un allié important des Etats-Unis et s'entend 
très bien avec la chancelière Angela Merkel, a déclaré mardi la 
Maison blanche après des tweets rageurs du président américain 
contre Berlin.  
    Donald Trump s'en est vivement pris à l'Allemagne mardi 
matin sur son compte Twitter où il a fustigé les "très 
mauvaises" politiques de Berlin en matière de commerce et de 
défense, aggravant les tensions qui étaient apparues entre les 
deux pays lors des récents sommets de l'Otan et du G7. 
    Sean Spicer, le porte-parole de la Maison blanche, s'est 
ensuite employé à calmer le jeu lors de son point de presse. 
    Donald Trump et Angela Merkel "s'entendent très bien", 
a-t-il affirmé. "Il a beaucoup de respect pour elle (...) et il 
considère non seulement l'Allemagne mais le reste de l'Europe 
comme un allié important des Etats-Unis."   
    Les tweets du président américain, envoyés dès le petit 
matin, ont fait suite aux interrogations exprimées dimanche et 
lundi par la chancelière Angela Merkel sur la fiabilité de 
l'Amérique de Donald Trump en tant qu'alliée de l'Europe. 
  
    "Nous avons un déficit commercial MASSIF avec l'Allemagne et 
elle paie BIEN MOINS qu'elle ne le devrait pour l'Otan et la 
défense. Très mauvais pour les Etats-Unis. Ca va changer", a 
riposté Donald Trump. 
     
    "ENTRE UNE BRASSERIE ET TWITTER" 
    La charge du président américain a suscité de vives 
réactions en Allemagne où Martin Schulz, le chef de file du 
parti social-démocrate (SPD), rival d'Angela Merkel en vue des 
législatives de septembre prochain, a qualifié Donald Trump de 
"destructeur des valeurs de l'Occident" et l'a accusé de 
fragiliser la coopération entre pays "basée sur le respect 
mutuel et la tolérance". 
    Le chef du groupe parlementaire SPD au Bundestag, Thomas 
Oppermann, a de son côté estimé que les derniers tweets de 
Donald Trump apportaient la preuve qu'il considère l'Allemagne 
comme un "adversaire politique". 
    Plus réservé, le ministre allemand des Affaires étrangères, 
Sigmar Gabriel, lui aussi membre du SPD, a déploré la "situation 
difficile" actuelle entre l'Allemagne et les Etats-Unis, tout en 
estimant que les relations entre les deux pays finiraient par 
s'améliorer. 
    "Je ne crois pas qu'il soit opportun que nous communiquions 
les uns avec les autres entre une brasserie et Twitter", a 
ajouté le ministre à Berlin. 
    Angela Merkel avait exprimé une première fois ses doutes 
dimanche lors d'une réunion électorale dans une brasserie de 
Munich où elle avait appelé l'Europe à "se prendre en main". 
    La chancelière allemande a reçu mardi le soutien du chef du 
gouvernement italien, Paolo Gentiloni, qui tout en reconnaissant 
l'importance des relations transatlantiques, a estimé que les 
Européens ne pouvaient pas "abandonner des principes 
fondamentaux comme notre engagement à lutter contre le 
changement climatique et en faveur de sociétés ouvertes et du 
libre échange". 
 
 (Matthias Sobolewski et Paul Carrel, avec Jeff Mason à 
Washington, Sabine Siebold à Berlin et Steve Scherer à Rome; 
Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant