La mairie de Paris va récupérer des pouvoirs de police

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    PARIS, 3 août (Reuters) - Les pouvoirs de circulation et de 
police exercés jusqu'à présent à Paris par la préfecture de 
police seront transférés à la municipalité, selon le projet de 
loi réformant le statut de Paris présenté mercredi en conseil 
des ministres. 
    Depuis que Napoléon a placé en 1800 la capitale sous 
l'autorité du préfet de police, dépendant du ministère de 
l'Intérieur, la municipalité ne bénéficiait pas des mêmes 
prérogatives que les villes de province. 
    La réforme vise à permettre à la préfecture de police de "se 
recentrer sur son coeur de métier", à savoir ses "missions de 
sécurité et de lutte contre le terrorisme", indique le compte 
rendu du conseil des ministres. 
    En conséquence, il reviendra désormais à la mairie de Paris 
de gérer la circulation, le stationnement et les fourrières, 
d'exercer la police des baignades ou des édifices menaçant de 
s'effondrer, et d'assurer la réglementation des manifestations à 
caractère festif, sportif ou culturel. 
    Elle récupérera également la délivrance des cartes 
nationales d'identité et des passeports. En revanche, les 
respects du code de la route et de l'ordre public restent de la 
compétence du préfet de police. 
    Outre des pouvoirs, la ville récupèrera les quelque 1.800 
agents de surveillance de Paris (ASP) qui assuraient jusqu'à 
présent le contrôle du stationnement - et les verbalisations - 
sous l'autorité du préfet de police.  
    Cette brigade se déploiera dans les rues, les parcs et les 
équipements de la ville pour verbaliser les jets de mégots, les 
dépôts sauvages de détritus et les nuisances quotidiennes. 
    "L'enjeu crucial pour la municipalité à Paris est de 
décharger la préfecture d'une partie de ses missions de 
tranquillité publique, qu'elle n'arrive plus à assumer", déclare 
au Monde, daté de jeudi, la maire socialiste de Paris Anne 
Hidalgo. "A charge pour la police nationale d'assurer ses 
missions régaliennes." 
    L'autre enjeu pour l'édile est de pouvoir poursuivre sa 
politique de restriction de la voiture dans la capitale. 
    Jusqu'à présent, le préfet de police décidait en dernier 
ressort des règles de circulations dans les grandes artères de 
la capitale. 
    Cette tutelle unique en France avait permis à François 
Fillon, alors premier ministre, de contrecarrer en 2012 le 
projet de piétonisation d'une partie des berges de la Seine 
voulu par Bertrand Delanoë, qui avait dû attendre l'élection de 
François Hollande pour obtenir le feu vert, souligne Le Monde. 
    Anne Hidalgo a notamment pour objectif de limiter à terme la 
circulation aux bus, taxis et riverains dans les arrondissements 
centraux. Grâce à la nouvelle loi, "je pourrai aller plus loin 
et plus vite", dit-elle. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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