La main d'oeuvre étrangère victime d'abus au Qatar, selon Amnesty

le
0
    DOHA, 31 mars (Reuters) - Des ouvriers employés au Qatar 
pour rénover un stade de football sont victimes d'atteintes au 
droit de l'homme malgré les engagements de l'émirats, selon un 
rapport publié jeudi par Amnesty International. 
    Des dizaines de salariés népalais et indiens ont dû verser 
des commissions à des agents qui les ont recrutés dans leur pays 
d'origine avant d'être hébergés dans des conditions déplorables 
et de voir leurs papiers confisqués par leurs employeurs, dit 
l'ONG dans son rapport. 
    Doha affirme limiter les atteintes au droit de l'homme et 
avance que ce genre d'abus se produisent sur tous les sites de 
construction du monde. 
    Amnesty explique avoir interrogé 112 ouvriers impliqués dans 
la rénovation du Khalifa stadium, une vaste enceinte sportive 
qui doit accueillir en 2022 un quart de finale de la Coupe du 
monde. 
    Les mauvais traitements que les salariés disent endurer au 
Qatar soulèvent la question de l'efficacité des mesures que 
l'émirat s'est engagé à mettre en oeuvre pour améliorer les 
conditions de vie de la main d'oeuvre étrangère. 
    Hassan al Thaouadi, directeur du comité d'organisation du 
Mondial 2022, juge qu'Amnesty a mis en lumière des 
"irrégularités" commises au détriment de quelques uns des 5.100 
ouvriers employés sur les projets de stades du pays. Ce chiffre 
devrait être multiplié par plus de 7 pour atteindre 36.000 d'ici 
deux ans. 
    "Nous l'avons toujours dit, nous n'avons pas de baguette 
magique qui nous permettrait de résoudre ces problèmes", a dit 
Taouadi lundi à la presse, expliquant que la Coupe du monde 
était une opportunité à saisir pour changer le cours des choses. 
    "Nous réglons les problèmes jour après jour." 
    Le rapport d'Amnesty souligne que beaucoup d'abus sont 
commis par des petits sous-traitants qui semblent ne pas avoir 
été sélectionnés par le comité d'organisation. 
    L'ONG explique que certaines sociétés de placement de 
salariés menacent ces derniers de leur retirer leur salaire et 
de les dénoncer à la police pour les forcer à travailler. 
    Le Qatar a certes gommé les aspects les plus visibles de 
l'exploitation des ouvriers étrangers en améliorant les 
conditions de sécurité et l'hébergement, les abus persistent dès 
que l'on aborde la question des menaces proférées à l'encontre 
de la main d'oeuvre ou celle des contrats qui ne sont pas 
respectés. 
    "Au Qatar, l'employeur continue de contrôler très 
étroitement la vie du salarié", dit Moustafa Kadri, chercheur 
d'Amnesty. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant