La main d'oeuvre étrangère victime d'abus au Qatar, dit Amnesty

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AMNESTY DÉNONCE LA MALTRAITANCE DE LA MAIN D'OEUVRE ÉTRANGÈRE AU QATAR
AMNESTY DÉNONCE LA MALTRAITANCE DE LA MAIN D'OEUVRE ÉTRANGÈRE AU QATAR

DOHA (Reuters) - Des ouvriers employés au Qatar pour rénover un stade de football sont victimes d'atteintes au droit de l'homme malgré les engagements de l'émirat, selon un rapport publié jeudi par Amnesty International.

Des dizaines de salariés népalais et indiens ont dû verser des commissions à des agents qui les ont recrutés dans leur pays d'origine avant d'être hébergés dans des conditions déplorables et de voir leurs papiers confisqués par leurs employeurs, dit l'ONG dans son rapport.

Doha affirme limiter les atteintes au droit de l'homme et avance que ce genre d'abus se produisent sur tous les sites de construction du monde.

Amnesty explique avoir interrogé 112 ouvriers impliqués dans la rénovation du Khalifa stadium, une vaste enceinte sportive qui doit accueillir en 2022 un quart de finale de la Coupe du monde.

Les mauvais traitements que les salariés disent endurer au Qatar soulèvent la question de l'efficacité des mesures que l'émirat s'est engagé à mettre en oeuvre pour améliorer les conditions de vie de la main d'oeuvre étrangère.

Hassan al Thaouadi, directeur du comité d'organisation du Mondial 2022, juge qu'Amnesty a mis en lumière des "irrégularités" commises au détriment de quelques uns des 5.100 ouvriers employés sur les projets de stades du pays. Ce chiffre devrait être multiplié par plus de 7 pour atteindre 36.000 d'ici deux ans.

"Nous l'avons toujours dit, nous n'avons pas de baguette magique qui nous permettrait de résoudre ces problèmes", a dit Taouadi lundi à la presse, expliquant que la Coupe du monde était une opportunité à saisir pour changer le cours des choses.

"Nous réglons les problèmes jour après jour."

Le rapport d'Amnesty souligne que beaucoup d'abus sont commis par des petits sous-traitants qui semblent ne pas avoir été sélectionnés par le comité d'organisation.

L'ONG explique que certaines sociétés de placement de salariés menacent ces derniers de leur retirer leur salaire et de les dénoncer à la police pour les forcer à travailler.

Le Qatar a certes gommé les aspects les plus visibles de l'exploitation des ouvriers étrangers en améliorant les conditions de sécurité et l'hébergement, les abus persistent dès que l'on aborde la question des menaces proférées à l'encontre de la main d'oeuvre ou celle des contrats qui ne sont pas respectés.

"Au Qatar, l'employeur continue de contrôler très étroitement la vie du salarié", dit Moustafa Kadri, chercheur d'Amnesty.

(Nicolas Delame pour le service français)

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