La lutte pour le contrôle de Damas se poursuit

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par Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne a continué à pilonner dimanche les faubourgs de Damas tenus par les rebelles pour les empêcher de se rapprocher de la capitale, rapporte l'opposition, faisant au mois dix morts et des dizaines de blessés.

Après une semaine d'avancée des rebelles vers le centre-ville de Damas - ils se sont notamment emparés de deux bases militaires près de la capitale -, l'armée a envoyé des renforts.

Les tirs de l'armée syrienne dimanche ont fait au moins dix morts dans la localité de Deir al Asafir, située à 12 km à l'est de Damas. Dans une vidéo diffusée par l'opposition, on aperçoit cinq corps, dont celui d'un jeune garçon. Les autres corps sont enveloppés dans des draps blancs maculés de sang.

Une autre vidéo montre de la fumée qui s'élève à l'horizon et des bâtiments en proie aux flammes.

Les informations diffusées par l'opposition sont difficiles à vérifier en raison des restrictions à la liberté de la presse mises en place par le gouvernement syrien.

La télévision publique a pour sa part annoncé dimanche que l'armée était "en train d'éliminer les terroristes d'Al Qaïda" dans plusieurs banlieues autour de Damas et notamment dans la place forte des rebelles à Daraya, située dans la banlieue sud de Damas.

Pour l'instant, la contre-offensive contre les rebelles lancée par le gouvernement pour isoler le centre de Damas des banlieues semble freiner l'avancée de ces derniers. Mais les affrontements se poursuivent autour de la capitale, malgré le pilonnage des forces syriennes.

Pour la quatrième journée, les combats ont fait rage autour de l'aéroport international de Damas qui est en pratique fermé depuis jeudi.

"L'Armée syrienne libre est en train d'attaquer les renforts qui tentent d'entrer dans l'aéroport pour aider les forces du régime. Il y a des affrontements tout le long de la route de l'aéroport", commente Abou Nidal, un porte-parole des rebelles joint par Skype.

La compagnie aérienne EgyptAir a néanmoins annoncé dimanche la reprise de ses vols vers Damas et Alep à partir de lundi après trois jours de suspension.

L'IRAK PROTESTE

Les rebelles expliquent qu'ils veulent contrôler l'aéroport parce que, affirment-ils, l'armée l'utilise pour se faire livrer des armes. Selon des informations fournies par les services de renseignement occidentaux, l'Iran, principal soutien de Bachar al Assad, utilise des avions civils pour livrer de l'équipement et du personnel militaire à la Syrie via l'Irak.

Selon un article du New York Times, les livraisons d'armes à la Syrie se poursuivent en raison des contrôles insuffisants de l'Irak. Selon cet article, deux inspections seulement ont eu lieu depuis que l'Irak a accédé à une demande en ce sens des Etats-Unis en septembre. En outre, l'Iran pourrait avoir été avertie avant les inspections.

Selon le Premier ministre irakien Nouri al Maliki, les Etats-Unis n'ont pas présenté de demande en ce sens.

"Il n'est pas possible d'inspecter tous les avions à destination de la Syrie et il n'y a pas eu de demande des Etats-Unis d'inspection de tous les appareils parce qu'ils savent que ce n'est pas possible", a déclaré Nouri al Maliki dimanche lors d'une conférence de presse.

"Nous avons dit aux Syriens, aux Iraniens, aux Etats-Unis et aux Nations unies et au monde qu'en tant que gouvernement irakien, nous nous sommes engagés à empêcher l'armement (...) Nous empêchons le passage des armes parce que notre constitution prévoit que l'Irak n'est pas une voie de passage pour des actions de ce genre."

Dans le centre de la Syrie, à Homs, un attentat à la voiture piégée a fait au moins 15 morts et 24 blessés dimanche, a annoncé l'agence officielle de presse Sana. L'explosion a endommagé plusieurs immeubles d'habitations.

Les attentats à la voiture piégée en Syrie sont en forte augmentation. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), quatre attentats de ce genre se sont produits samedi.

Ce jour-là, plus de 200 personnes ont été tuées dont 43 dans la région de Damas, selon cette ONG proche de l'opposition basée à Londres.

Au total, le soulèvement contre le président Bachar al Assad qui a commencé en mars 2011, devenu de plus en plus violent au fil des mois, a fait plus de 40.000 morts, selon l'OSDH.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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