La lutte contre l'EI doit inclure un dialogue national, dit Doha

le , mis à jour à 22:15
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par John Irish PARIS, 3 juin (Reuters) - Les raids aériens de la coalition sous commandement américain contre l'Etat islamique ne résoudront rien sans une initiative de réconciliation nationale en Irak, estime le ministre qatari des Affaires étrangères qui préconise également de laisser la porte ouverte à ceux qui sont prêts à quitter la branche syrienne d'Al Qaïda. S'exprimant au lendemain de la réunion à Paris des pays en lutte contre l'EI, Khaled al Attiyah a jugé que la communauté internationale ne faisait pas assez pression sur les parties en présence en Irak pour parvenir à une réconciliation. "Une importante partie du peuple en Irak a été marginalisée. Si nous ne faisons pas quelque chose pour les inclure dans le processus politique, alors nous allons les pousser à rejoindre l'autre camp", a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Reuters. "Il n'y a aucun espoir à poursuivre la campagne aérienne sans en même temps avoir un dialogue national sur le terrain", a-t-il poursuivi. Les ministres d'une vingtaine de pays de la coalition ont rencontré le Premier ministre chiite irakien Haïdar al Abadi pour le convaincre de renouer les liens entre son gouvernement et la minorité sunnite dans sa campagne contre l'Etat islamique. "Le combat ne doit pas se faire par le bruit des bottes mais par le dialogue national", a commenté Attiyah, ajoutant qu'Abadi avait besoin de l'aide de tous ceux qui disposaient d'une influence en Irak. Sur la question de la Syrie, le ministre qatari des Affaires étrangères a estimé que les Occidentaux faisaient preuve d'un manque de détermination face au gouvernement de Bachar al Assad. Selon lui, il n'y a "pas de volonté" de la communauté internationale de résoudre ce conflit, ce qui laisse le peuple syrien devant l'alternative de "la tyrannie d'un régime ou de la brutalité de groupes terroristes". "Il y a eu plus de 300.000 personnes tuées en Syrie. L'oublions-nous et pensons-nous que le régime d'Assad est celui qui combat les terroristes ?" s'est-il interrogé. Le ministre a une nouvelle fois démenti que son pays soutenait des groupes extrémistes en Syrie, comme le Front al Nosra, branche locale d'Al Qaïda. Il a toutefois plaidé pour que "la porte reste ouverte pour les Syriens qui sont avec Al Nosra s'ils décident de quitter Al Qaïda et de revenir avec les leurs en tant que Syriens". (Pierre Sérisier pour le service français)

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