La Lorraine et la Sarre mutualisent l'apprentissage

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MUTUALISATION DANS L?APPRENTISSAGE ENTRE LA LORRAINE ET LA SARRE
MUTUALISATION DANS L?APPRENTISSAGE ENTRE LA LORRAINE ET LA SARRE

STRASBOURG (Reuters) - Les jeunes Lorrains pourront désormais signer un contrat d'apprentissage avec une entreprise allemande et les jeunes Sarrois avec une entreprise française au terme d'une convention signée vendredi entre la région Lorraine et le Land de Sarre.

L'analyse du marché du travail au sein des deux régions laisse toutefois augurer de flux surtout orientés de la France vers l'Allemagne, pays où l'apprentissage est un grand succès.

Sur les plus de 100.000 lorrains qui franchissent quotidiennement la frontière pour se rendre à leur travail, 20.000 ont un emploi en Sarre.

S'il n'est pas le mieux loti des Länder allemands en termes de chômage, le "Saarland" affiche un taux de 7,2% bien inférieur aux 10,4% lorrains.

La région française est en outre confrontée à un taux de chômage des jeunes proche de la moyenne nationale (23,4% en septembre 2013) quand il s'établit actuellement à 6,1% chez le voisin allemand.

En outre, l'Allemagne, qui compte plus de 1,5 million d'apprentis, contre 430.000 en France - un chiffre que le ministre du Travail, Michel Sapin, veut porter à 500.000 en 2017 -, peine de son côté à pourvoir toutes les places offertes par les entreprises.

Le texte de la convention signée vendredi prévoit que les apprentis transfrontaliers puissent continuer à effectuer leur formation théorique dans leur pays d'origine et y obtenir leur diplôme, avec la possibilité de doubler celui-ci d'un diplôme du pays voisin.

"Nous agissons ainsi en réaction au marché du travail transfrontalier en plein essor et offrons des perspectives professionnelles supplémentaires aux jeunes de Lorraine et de Sarre", déclarent dans un communiqué commun Jean-Pierre Masseret, président du Conseil Régional de Lorraine et Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre présidente de Sarre.

La Lorraine s'engage ainsi sur la voie ouverte par l'Alsace qui signait en 1993 une convention sur l'apprentissage transfrontalier avec ses deux voisins allemands, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat.

Cette initiative n'a pas connu un démarrage foudroyant.

Selon des données diffusées en mars 2014, on enregistrait alors un total de 76 contrats d'apprentissage, dont sept signés par des Allemands.

"Les activités proposées par les entreprises allemandes ne sont pas toujours à la hauteur des attentes des candidats", avance un acteur de la formation professionnelle en Alsace qui voit aussi dans "le manque de culture de l'apprentissage en France" une explication à ce démarrage plutôt modeste.

Du côté du Conseil régional d'Alsace, on invite à mesurer ces premiers résultats à l'aune de la complexité du sujet.

"Soixante-seize contrats, c'est 76 fois 20 ou 30 heures passées à expliquer le système", explique un des responsables du dossier en évoquant les différences de culture mais également les problèmes de fiscalité, de sécurité sociale ou d'ajustement des formations qu'il faut à chaque fois traiter.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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