La loi obligerait EDF à fermer 1/3 du parc nucléaire-rapport

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    PARIS, 10 février (Reuters) - La loi sur la transition 
énergétique risque d'obliger EDF  EDF.PA  à fermer un tiers de 
ses 58 réacteurs nucléaires français à l'horizon 2025, estime la 
Cour des comptes dans son rapport annuel publié mercredi. 
    La juridiction financière recommande en outre au 
gouvernement d'évaluer les conséquences industrielles et 
financières de la loi sur le programme de maintenance du parc 
nucléaire français, qu'elle chiffre à quelque 100 milliards 
d'euros sur la période 2014-2030. 
    La Cour estime que l'objectif de réduire la part du 
nucléaire dans la production d'électricité française à 50% à 
l'horizon 2025, à hypothèses constantes de consommation et 
d'exportation d'électricité, "aurait pour conséquence de réduire 
d'environ un tiers la production nucléaire, soit l'équivalent de 
la production de 17 à 20 réacteurs". 
    "Seule une augmentation très significative de la 
consommation électrique ou des exportations serait de nature à 
limiter le nombre des fermetures. Or, à l'horizon 2030, 
l'hypothèse d'une telle augmentation n'est pas retenue par les 
experts", ajoute-t-elle. 
    La juridiction évoque aussi une possible remise en cause des 
investissements envisagés par EDF et "des conséquences 
importantes en termes d'emplois, sans écarter l'éventualité 
d'une indemnisation prise en charge par l'État". 
    La Cour des comptes rappelle que l'impact de la loi doit 
être évalué dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de 
l'énergie (PPE) dont la ministre de l'Energie Ségolène Royal a 
récemment indiqué qu'elle serait présentée avant fin février à 
un comité de suivi. 
    Dans sa réponse à la Cour, la ministre fait valoir que les 
calculs de la juridiction financière reposent sur "des 
hypothèses de consommation électrique et de choix de réacteurs à 
fermer qui sont aujourd'hui très incertaines". 
    En matière d'emploi, la Cour estime que la maintenance des 
centrales françaises devrait représenter une grande part des 
besoins de recrutement de la filière nucléaire, estimés à 
110.000 salariés d'ici 2020, soulignant "les difficultés de 
formation et de disponibilité de la main-d'oeuvre dans certains 
domaines techniques". 
    Concernant le programme d'investissement lié à la 
maintenance du parc nucléaire français, elle souligne que sa 
propre estimation de 100 milliards d'euros sur 2014-2030 est 
cohérente avec celle d'EDF (55 milliards sur 2014-2025) car elle 
prend aussi en compte des dépenses d'exploitation exclues par 
l'opérateur. 
    EDF n'a pour l'instant prévu de fermer que la centrale de 
Fessenheim (Haut-Rhin), fin 2018, au moment de la mise en 
service de l'EPR de Flamanville (Manche). 
 
 (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez) 
 

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