La Ligue de défense juive menacée de dissolution

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La Ligue de défense juive (LDJ), groupe communautaire radical accusé de violences, est dans le collimateur du ministère de l'Intérieur mais aucune décision n'est prise à ce stade sur son sort, a confirmé jeudi l'entourage du ministre.

Selon Libération, le gouvernement étudie la possibilité de dissoudre ce "groupement de fait", après de récents accrochages avec des manifestants pro-palestiniens.

"Nous en sommes au stade d'une réflexion juridique", dit-on dans l'entourage de Bernard Cazeneuve. "La direction juridique du ministère est en train de regarder si des faits reprochables à la LDJ justifieraient sa dissolution. Cela ne veut pas dire que l'on s'engagera dans une telle procédure."

La question s'est déjà posée plusieurs fois pour ce groupuscule qui s'est fait remarquer depuis sa création, en 2001, par sa violence à l'encontre de ceux qu'il juge être des ennemis d'Israël. Mais il n'a pas été jusqu'ici possible d'établir qu'une telle démarche pouvait aboutir.

Des députés ont écrit au chef de l'Etat, François Hollande, et au ministre de l'Intérieur pour réclamer sa dissolution.

Dans un courrier à Bernard Cazeneuve, le socialiste Olivier Faure se demande ainsi pourquoi cette émanation d'organisations interdites aux Etats-Unis pour terrorisme et en Israël pour racisme reste autorisée en France.

"Si les conditions de droit sont remplies à l'égard des organisations qui posent problème, nous procéderons à des dissolutions", a indirectement répondu le ministre de l'Intérieur en marge d'un déplacement à Marseille.

Le gouvernement, qui a interdit ces dernières semaines plusieurs manifestations contre l'intervention militaire d'Israël dans la bande de Gaza, paraît soucieux d'éviter tout débordement en France de la crise du Proche-Orient.

Interrogé le 21 juillet en marge du dîner annuel de l'Association de la presse présidentielle, François Hollande est convenu que le "risque" existe si le conflit de la bande Gaza se prolongeait cet été.

LE CRIF PREND SES DISTANCES AVEC LA LDJ

Le débat sur la LDJ intervient avant un rassemblement de soutien à Israël, ce jeudi soir devant l'ambassade israélienne à Paris à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et alors que de nouvelles manifestations pro-palestiniennes sont prévues en cette fin de semaine.

Le président du Crif, Roger Cukierman, a déclaré à Reuters que la LDJ n'avait rien à voir avec son organisation, tout en estimant que les pouvoirs publics et les médias lui donnaient une importance disproportionnée.

"Je trouve qu'on accorde une immense notoriété et une place exagérée à une organisation composée de quelques dizaines de membres seulement", qui ne fait pas partie des 70 associations fédérées par le Crif, a-t-il déclaré.

"Je ne partage pas, et le Crif ne partage pas, ni l'idéologie ni les méthodes de la LDJ. Je ne connais d'ailleurs même pas ses dirigeants personnellement", a-t-il ajouté.

Il dément que le Crif ait jamais fait appel aux gros bras de la LDJ, rompus aux arts martiaux, dont le logo est un poing fermé dans une étoile de David noire sur fond jaune.

Roger Cuckierman refuse de se prononcer sur une dissolution éventuelle de la LDJ, si ce n'est pour réclamer des sanctions similaires contre les organisations propalestiniennes coupables selon lui de comportements antisémites.

"Tant que l'antisémitisme existe en France, la LDJ continuera d'exister. C'est une promesse !" riposte pour sa part le groupuscule sur son compte twitter.

Dans un autre tweet, la LDJ appelle "à ne répondre à aucune éventuelle provocation des partisans du Hamas lors du rassemblement pour Israël", prévu jeudi à 18h30 à Paris.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • mipolod le jeudi 31 juil 2014 à 15:49

    OK, pourquoi pas. Le gouvernement va t-il s'occuper également des mouvements d'extrême gauche ?