La Libye poursuit Goldman Sachs pour transactions à pertes

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LA LIBYE POURSUIT GOLDMAN SACHS POUR TRANSACTIONS À PERTES
LA LIBYE POURSUIT GOLDMAN SACHS POUR TRANSACTIONS À PERTES

par Clare Hutchison

LONDRES (Reuters) - Goldman Sachs a tiré parti du manque de sophistication financière du personnel du fonds souverain libyen et de la confiance qu'elle avait suscitée de sa part pour l'encourager à investir plus d'un milliard de dollars dans des transactions sans intérêt pour lui, affirme le fonds dans une plainte.

La Libyan Investment Authority (LIA) a porté plainte contre la banque d'investissement américaine la semaine dernière auprès de la Haute Cour de Londres, réclamant l'annulation de transactions sur dérivés opérées de janvier à avril 2008 et le remboursement des primes versées à Goldman Sachs pour ses services.

Dans sa plainte, que Reuters a pu consulter jeudi, la LIA affirme que Goldman Sachs, dont elle est cliente depuis 2007, a tiré profit d'un personnel "financièrement inculte" qui avait placé toute sa confiance en elle. Elle estime que Goldman Sachs a réalisé un bénéfice "important et anormalement élevé" de l'ordre de 350 millions de dollars sur les transactions concernées, qui se sont avérées sans valeur en 2011.

Un responsable de la banque a "vivement encouragé" la LIA à prendre position sur des actions telles que Citigroup et EDF par le biais de transactions sur dérivés complexes et la LIA affirme que la banque avait négligé de l'informer complètement à ce sujet tant que les ordres n'avaient pas été passés.

Ce n'est qu'à la lumière des précisions apportées que la LIA a compris que ces transactions n'avaient rien d'investissements prudents mais portaient sur "des instruments synthétiques et des dérivés complexes qui représentaient des paris hautement spéculatifs".

"Les circonstances exceptionnelles ont permis à Goldman Sachs de tirer avantage de l'expérience légale et financière extrêmement limitée de la LIA, d'exploiter délibérément sa position d'influence et d'en tirer parti d'une manière telle que la LIA a subi des pertes colossales tandis que Goldman Sachs réalisait d'importants profits", affirme AbdulMagid Breish, le président de la LIA.

"Nous pensons que la plainte est infondée et nous nous défendrons vigoureusement", a réagi un porte-parole de Goldman Sachs.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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  • pierry5 le jeudi 30 jan 2014 à 22:20

    Je ne comprends pas, la Lybie est un pays ou sévit la charia pure et dure. Normalement il semblerait que les intérêts ou autres gains sur des matières financières n'est pas permis par le coran !!! J'ai peut-être mal compris.

  • guerber3 le jeudi 30 jan 2014 à 20:44

    G.S. ennemi public n°1 sur la planète...et qui continue pourtant à " plumer" ses clients, et si c'était cela, le bonheur...!