La levée des barrières douanières, clé de la sécurité alimentaire en Afrique ?

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(Commodesk) L'Afrique a les moyens de produire suffisamment de denrées pour nourrir sa population et éviter de nouvelles crises alimentaires, si les pays du continent levaient leurs barrières aux frontières, affirme un nouveau rapport de la Banque mondiale. L'Afrique pourrait également générer 20 milliards de dollars de recettes supplémentaires chaque année.

Alors que 19 millions de personnes sont menacées de famine ou de malnutrition dans la région du Sahel, la Banque mondiale invite les dirigeants africains à faciliter la circulation des produits alimentaires entre les zones fertiles et celles qui subissent des pénuries. Le caractère imprévisible des politiques commerciales (interdictions d'exportation ou d'importation, quotas, droits de douanes variables...), qui changent fréquemment sans que les opérateurs en soient toujours avertis, crée des conditions de marché incertaines et contribue à la volatilité des prix. Par ailleurs, les réseaux de distribution seraient défavorables aux agriculteurs et consommateurs les plus défavorisés. Les acheteurs pauvres seraient ainsi généralement contraints de payer plus cher pour s'alimenter.

La Banque mondiale cite l'exemple du Mozambique, où aucune barrière douanière n'existe sur les importations et exportations de maïs. Les négociants du nord du pays peuvent ainsi vendre leurs céréales au Malawi et en Zambie, tandis que le sud s'approvisionne en Afrique du Sud. Ces échanges commerciaux auraient permis une stabilisation des prix dans la capitale, Maputo, par rapport aux autres capitales de la région.

Selon le rapport, 5% seulement des importations de céréales des pays africains proviennent du continent, alors qu'environ 400 millions d'hectares de terres fertiles sont laissées à l'abandon.

Les pays africains ont importé l'année dernière 43 millions de tonnes de blé, 12 millions de tonnes de riz et 108 millions de tonnes de céréales secondaires, d'après les données du département américain de l'Agriculture. Selon la Banque mondiale, la demande de produits alimentaires sur le continent devrait doubler d'ici 2020 en raison de l'urbanisation.
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