La Knesset légalise rétroactivement 4.000 logements de colons

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 (Actualisé avec précisions et réactions de l'OLP et de l'Onu) 
    par Maayan Lubell 
    JERUSALEM, 6 février (Reuters) - Le parlement israélien, la 
Knesset, a adopté lundi un texte de loi qui légalise 
rétroactivement la construction de 4.000 logements de colons 
juifs sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens en 
Cisjordanie occupée. 
    Les députés se sont prononcés par 60 voix pour et 52 contre 
cette loi, qui a provoqué un tollé chez les Palestiniens et 
suscité l'inquiétude de la communauté internationale. 
    Son adoption pourrait n'être en fait que symbolique, car 
elle contreviendrait aux arrêts de la Cour suprême sur la 
question des droits de propriété. 
    Le procureur général Avichai Mandelblit a estimé que ce 
projet n'était pas conforme à la Constitution et qu'il 
enfreignait le droit international en autorisant l'expropriation 
de domaines privés dans les territoires occupés par Israël 
depuis 1967. Il a fait savoir qu'il ne le soutiendrait pas 
devant la Cour suprême. 
    Bien que le texte de loi ait été soutenu par la coalition 
gouvernementale marquée à droite, il est à l'origine de tensions 
au sein du cabinet de Benjamin Netanyahu.   
    En privé, celui-ci s'est déclaré opposé à ce projet de loi, 
qui avait été approuvé en lecture préliminaire par le parlement 
en novembre, dit-on de source politique. L'espoir du 
gouvernement était de le voir enterré lors des débats en 
commission. 
     
    UN FEU VERT AUX COLONS, DIT L'OLP 
    Mais le parti d'extrême droite Foyer juif, qui est membre de 
la coalition gouvernementale, a tout fait pour le maintenir en 
vie et permettre son adoption, après l'évacuation par la force 
de 330 colons la semaine dernière d'un avant-poste bâti sur des 
terrains privés palestiniens. 
    Alors que le Premier ministre fait l'objet d'une enquête de 
police pour abus de fonction -- accusation qu'il rejette --, son 
parti, le Likoud, est en recul dans les enquêtes d'opinion. 
S'opposer au projet de loi aurait pu lui aliéner certains de ses 
partisans et les pousser vers Foyer juif. 
    Pour Hanan Achraoui, une des responsables de l'Organisation 
de libération de la Palestine (OLP), cette loi donne aux colons 
le feu vert pour "se lancer dans la confiscation de terres". 
    "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement 
de coalition extrémiste, raciste, violent délibérément le droit 
anéantissent les fondations mêmes d'une solution à deux Etats, 
ainsi que les chances d'un retour à la paix et à la stabilité", 
a-t-elle estimé. 
    Nikolaï Mladenov, coordinateur spécial des Nations unies 
pour le processus de paix au Proche-Orient, a déclaré que cette 
loi "aura des conséquences juridiques de grande ampleur pour 
Israël et réduit fortement les perspectives de paix 
arabo-israélienne". 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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