La justice turque interdit à la presse de parler de cas de corruption

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ANKARA, 26 novembre (Reuters) - La justice turque s'est prononcée contre la publication dans la presse d'informations relatives à l'enquête parlementaire visant quatre anciens ministres soupçonnés de corruption, une mesure que l'opposition juge destinée à protéger les auteurs d'infractions. Le président Tayyip Erdogan, qui était à l'époque des faits chef du gouvernement, affirme que cette affaire fait partie d'un complot destiné à déstabiliser le pouvoir. Depuis, la justice a abandonné les poursuites qui visaient les fils de trois ministres et un homme d'affaires proche d'Erdogan. Le jugement prononcé mardi justifie son interdiction par la nécessité de "prévenir les atteintes aux droits individuels" des anciens ministres de l'Economie, de l'Intérieur, des Affaires européennes et de l'Environnement. Une commission parlementaire a été mise en place en mai pour examiner les documents recueillis par les magistrats instructeurs et visant les ministres. Elle s'est réunie pour la première fois en juillet et doit boucler ses travaux le 27 décembre. Pour l'association de la presse turque, cette décision de justice équivaut à de la censure tandis que le leader de l'opposition, Kemal Kilicdaroglu, s'interroge sur un "parlement protégeant les voleurs". Certains organes de presse, dont le journal d'opposition Cumhuriyet, ont annoncé qu'ils ne respecteraient pas cette interdiction. (Ceyda Caglayan; Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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