La justice sort peu à peu du joug politique

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LA JUSTICE SORT PEU À PEU DU JOUG POLITIQUE
LA JUSTICE SORT PEU À PEU DU JOUG POLITIQUE

PARIS (Reuters) - L'actualité politico-judiciaire de ces derniers jours, marquée par l'affaire Cahuzac et la mise en examen de Nicolas Sarkozy, témoigne d'un nouveau climat dans les relations entre l'exécutif et la justice après des années de vives tensions, selon des analystes.

Depuis l'arrivée au pouvoir de la gauche en mai 2012, des magistrats semblent s'affranchir plus facilement des pressions hiérarchiques ou politiques.

"Beaucoup de reproches sont faits à François Hollande aujourd'hui, mais pas celui d'empêcher les juges de faire leur travail, pas celui d'être suspecté d'être malhonnête ou de vouloir être hyperprésident ou de vouloir occuper des prérogatives qui ne sont pas les siennes", souligne Gaël Sliman de l'Institut BVA.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen jeudi soir à Bordeaux pour "abus de faiblesse" dans un volet de l'affaire Bettencourt où pourraient apparaître d'éventuels financements illégaux de la campagne présidentielle de 2007.

Cette mise en examen survient deux jours après l'ouverture par le parquet de Paris d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale qui a entraîné la démission de l'ex-ministre socialiste du Budget Jérôme Cahuzac, soupçonné d'avoir détenu illégalement en Suisse un compte bancaire.

Pour le politologue Stéphane Rozès, ces rebondissements montrent "très clairement que l'actuelle majorité laisse travailler les magistrats, à la fois sur l'affaire Cahuzac et sur l'affaire Sarkozy". "Dans les deux cas, la garde des Sceaux laisse faire les magistrats."

La ministre de la Justice Christiane Taubira a assuré vendredi les magistrats de son soutien face aux critiques des proches de Nicolas Sarkozy dont Henri Guaino qui a accusé le juge Gentil de "déshonorer la justice par ses "accusations grotesques" lancées contre Nicolas Sarkozy.

RESPECTER LA JUSTICE

Pour Gaël Sliman, "le fait de respecter la justice quand on est un parti politique au pouvoir ou de donner ce sentiment là, c'est plutôt porté à votre crédit. "Le fait de se fâcher avec les juges ou de contester les résultats ça ne produit pas en général un bon effet sur le parti politique ou l'homme politique qui le fait", dit-il.

Ce nouveau climat a permis de tourner la page de plusieurs années de vives tensions entre le monde judiciaire et le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

En 2009, la volonté de l'ex-président de la République de supprimer les juges d'instruction après l'affaire d'Outreau avait suscité l'indignation des syndicats de magistrats qui dénonçaient "la mort d'un système judiciaire indépendant".

Sous Nicolas Sarkozy, "il y avait à la fois une grande méfiance de ces politiques envers les juges d'instruction, en tout cas une volonté de leur confier le moins possible d'enquêtes", souligne une magistrate sous couvert de l'anonymat.

"Là on a une volonté contraire, notamment concernant l'affaire Cahuzac, il y a une volonté de la part du procureur d'une plus grande transparence."

Les récents développements dans l'affaire Bettencourt et l'affaire Cahuzac sont-ils pour autant le révélateur d'un changement profond des relations entre justice et politique ? "Il est trop tôt pour le dire", dit cette magistrate.

"On attend plus de choses à ce niveau là, une toujours plus grande transparence et le moins d'empiétement possible dans la marche de la justice."

ALLIANCE PRESSE MAGISTRATS

Cette succession de procédures judiciaires en l'espace de 48 heures illustre aussi l'alliance conclue entre la presse et les "petits magistrats" au début des années 1990 au nom de l'indépendance de la justice, note Stéphane Rozès.

Les deux affaires judiciaires ont été révélées par le site d'information en ligne Mediapart.

"Il y a eu une alliance des médias et des petits magistrats pour faire en sorte que la magistrature recouvre une indépendance par rapport à la tutelle historique du politique", souligne-t-il.

"Cette tendance remonte à la période des petits juges, à partir du début des années 1990 après les scandales de la fin de la Mitterrandie lorsque l'opinion publique commençait à être très critique à l'égard de la classe politique."

Les Français ont toujours soutenu les juges d'instruction, qui sont garants à leurs yeux de l'indépendance de la justice et garants "du fait qu'il y aura toujours des petits juges pour remettre les hommes politiques dans le droit chemin", note Gaël Sliman.

Pour Stéphane Rozès, les récentes affaires révélées par Mediapart ne devraient pas se traduire par une montée des populismes en France, ni d'un regain du refrain "tous pourris".

"C'est perçu positivement par les Français qui considèrent que les juges font leur travail. Je crois que quand chacun fait son travail en démocratie, c'est une matière antidote aux populismes", estime-t-il.

Marine Pennetier, avec Sophie Louet, édité par Gérard Bon

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  • mlaure13 le dimanche 24 mar 2013 à 11:30

    Tout est truqué...Tout est "bidonné"...et la justice, en fera Tjrs parti !!!...

  • LeRaleur le samedi 23 mar 2013 à 15:12

    Pour rentrer dans le joug socialos.

  • fbordach le samedi 23 mar 2013 à 12:34

    On croit rêver quand on lit de tels articles, la justice française indépendante, cela se saurait... Où vivent leurs auteurs que je m'y installe!

  • 300CH le samedi 23 mar 2013 à 12:00

    mdr "texte", "Beaucoup de reproches sont faits à Normal 1er aujourd'hui, mais pas celui d'empêcher les juges de faire leur travail" ah bon!! Taubira, a décidé lundi de décharger la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy de ses fonctions (affaire chi’ite Aubry amiante). Normal 1er, Valls de vienne ont écris à la justice pour défendre sa compagne Trierweiler contre les auteurs de sa biographie La Frondeuse "relation intime qu'elle a eu Valérie et le président UMP conseil général, Patrick Devedjian.

  • frerdo12 le samedi 23 mar 2013 à 12:00

    Cela montre au contraire que la magistrature est aux ordres des soces. Deux jours apres cahuzac,le flop de la fiscalite des hauts revenus, l'affaire sarkozy sort pour enfumer les veaux.

  • M3442498 le samedi 23 mar 2013 à 10:28

    Oui, oui comme l'affaire du jugement cassé pour le port du foulard islamique dans une école... La justice et les juges évoluent... vers le passé !