La justice ordonne une amélioration des cellules des Baumettes

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LA JUSTICE ORDONNE UNE AMÉLIORATION DE LA PRISON DES BAUMETTES
LA JUSTICE ORDONNE UNE AMÉLIORATION DE LA PRISON DES BAUMETTES

MARSEILLE (Reuters) - Le tribunal administratif de Marseille a ordonné vendredi une remise en état partielle de la prison des Baumettes pour remédier à son insalubrité.

La justice enjoint à l'administration pénitentiaire de prévoir l'apport de lumière artificielle ou naturelle dans les cellules et l'enlèvement des détritus dans les couloirs et les parties communes de la prison.

L'Observatoire international des prisons (OIP), qui prône la fermeture de l'établissement pénitentiaire, estime qu'il s'agit d'une "demi-mesure" qui ne règle pas les problèmes de surpopulation et de violences.

"Je crains que cela ne change rien. J'ai peur que cela n'incite pas l'administration à prendre la pleine mesure du problème", a dit à Reuters Me Lionel Febbraro, juriste à l'OIP.

"Ce serait mieux si une astreinte avait été décidée et un délai fixé", a ajouté l'avocat, qui n'avait pas encore pris connaissance de l'ordonnance dans le détail.

L'OIP avait demandé jeudi au juge la mise en place de "mesures d'urgence" pour mettre un terme aux "multiples atteintes graves et illégales" dans une action en référé (urgence) à laquelle se sont associés le barreau de Marseille, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et le Conseil des barreaux de France.

Tout en refusant de commenter la décision en référé, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Jean-Marie Delarue, prévient qu'il suivra avec attention les suites données à ses recommandations publiques.

"Il se réserve le droit, le moment venu et selon les modalités qui sont les siennes, d'agir de nouveau à propos de l'état et de l'avenir du centre pénitentiaire des Baumettes", précise un communiqué.

Jean-Marie Delarue avait dénoncé le 6 décembre dans un rapport une insalubrité "consubstantielle" aux Baumettes, ce qui constitue selon lui une "violation grave" des droits fondamentaux des prisonniers.

Il relève notamment que la surpopulation carcérale atteint 145,8% dans cet établissement construit entre 1933 et 1939 dans le sud de Marseille.

Depuis vingt ans, les appels se multiplient pour réclamer une rénovation et dénoncer les dysfonctionnements d'une prison qualifiée d'"endroit répugnant" en 2006 par le Conseil de l'Europe.

Un projet de restructuration de l'établissement est en cours et devrait s'achever en 2017.

Jean-François Rosnoblet, édité par Sophie Louet

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