La Justice manque de moyens selon Urvoas, Sapin relativise

le
0
 (Actualisé avec propos de Michel Sapin) 
    PARIS, 3 avril (Reuters) - Un peu plus de deux mois après sa 
nomination, le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, dresse un 
constat sombre du système judiciaire français qui, par manque de 
moyens, est d'après lui "sinistré, en état d'urgence absolue". 
    "La justice est à bout de souffle. Le ministère n'a plus les 
moyens de payer ses factures", déclare-t-il dans une interview 
au Journal du Dimanche. 
    Intervenant dans l'émission "C politique" sur France 5 dans 
la soirée, le ministre des Finances Michel Sapin a déclaré: "Il 
doit y avoir un peu d'exagération dans cette expression parce 
que j'ose espérer qu'il a la capacité de payer 36 millions 
(d'euros) de facture sur un budget qui évidemment dépasse les 
milliards."      
    Lors de la passation de pouvoirs le 27 janvier avec 
Christiane Taubira, démissionnaire, Jean-Jacques Urvoas avait 
déjà jugé que son ministère se trouvait "en permanence au bord 
de l'embolie", mais il dit avoir revu son jugement. 
    "Depuis que je pousse la porte des juridictions, je dis 
plutôt qu'elle est sinistrée, en état d'urgence absolue comme 
disent les médecins", insiste le ministre. 
    Selon lui, l'administration pénitentiaire a 36 millions 
d'euros de factures impayées pour des hospitalisations de 
détenus et la dette de l'Etat vis-à-vis des prestataires 
auxquels la justice fait appel - interprètes, laboratoires 
d'analyses ADN ou experts - s'élève à 170 millions d'euros. 
    "Je connais même un tribunal où on n'imprime plus les 
jugements, parce qu'il n'y a plus d'argent pour les ramettes de 
papier", ajoute-t-il. 
    "Le risque existe que (la justice) se grippe", d'après le 
garde des Sceaux. 
    En arrivant place Vendôme, fin janvier, il s'était engagé à 
obtenir "des moyens conséquents" pour son ministère d'ici la fin 
du quinquennat.   
    De son côté, Michel Sapin a reconnu que des moyens 
supplémentaires étaient notamment nécessaires pour les prisons 
et leur fonctionnement. 
    Comme le ministères de l'Intérieur et de la Défense, la 
Justice connaît actuellement une augmentation de ses besoins, 
a-t-il souligné en réaffirmant la détermination du gouvernement 
à compenser cette nécessaire progression des dépenses 
régaliennes par des économies supplémentaires afin de ne pas 
compromettre la trajectoire des finances publiques de la France. 
     
 
 (Simon Carraud et Myriam Rivet, édité par Tangi Salaün) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux