La justice exhume les charniers de la guerre civile algérienne

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La justice exhume les charniers de la guerre civile algérienne
La justice exhume les charniers de la guerre civile algérienne

UNE DOUZAINE DE CHARNIERS, rares vestiges d'une guérilla sanglante. La justice algérienne saisie puis les procédures s'endorment. Des magistrats français ont décidé aujourd'hui de les réveiller, au risque de crisper les relations entre Paris et Alger. Selon nos informations, le parquet de Nîmes a requis le renvoi devant la cour d'assises du Gard « pour actes de torture et de barbarie » de deux Algériens soupçonnés d'avoir participé à des dizaines de massacres pendant la guerre civile qui a déchiré le pays dans les années 1990. Abdelkader et Hocine M., deux frères réfugiés à Nîmes, sont soupçonnés d'avoir appartenu aux « escadrons de la mort », une milice civile impliquée dans 200 disparitions inexpliquées. Des accusations qu'ils ont toujours contestées. La juge d'instruction, qui a le dernier mot, doit se prononcer à son tour sur leur sort judiciaire, mais l'hypothèse d'un non-lieu apparaît désormais peu probable.

Retour en décembre 1991. A la suite d'une vaste contestation sociale, Chadli Bendjedid, le président et figure du Front de libération nationale (FLN), organise les premières élections libres et pluralistes du pays. Le scrutin est largement remporté par le Front islamique du salut (FIS), dont le programme se base sur la charia. Désavoué, le chef de l'Etat démissionne, et confie le pouvoir à un groupe de généraux qui décide d'annuler les élections. C'est le début d'une guerre civile meurtrière entre groupes islamistes et militaires soutenus par le FLN. Pendant près de dix ans, attentats, assassinats et tueries de masse vont s'enchaîner, faisant plus de 100 000 morts et des milliers de disparus.

De cette décennie noire, l'Algérie a décidé de faire table rase. Les affrontements prennent fin avec l'élection, en 1999, d'Abdelaziz Bouteflika, membre du FLN, et l'adoption d'une loi d'amnistie générale. La concorde civile suspend toute poursuite judiciaire pour les islamistes repentis. Mais elle ...

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