La justice égyptienne gèle les avoirs de militants

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 (Ajoute réactions, contexte) 
    LE CAIRE, 17 septembre (Reuters) - La justice égyptienne a 
validé samedi le gel des avoirs de cinq militants des droits de 
l'homme et trois organisations non gouvernementales accusés 
d'avoir touché des fonds de l'étranger pour déstabiliser 
l'Egypte après le soulèvement de 2011.  
    Ce gel des avoirs, ordonné par un juge d'instruction, 
demandait à être approuvé par un tribunal. Ce jugement ouvre 
désormais la voie à des poursuites pénales contre les prévenus 
qui seront passibles d'une peine de réclusion à perpétuité s'ils 
sont reconnus coupables.  
    "Nous savons depuis le début que cette affaire est politique 
et que l'objectif est de se venger des ONG qui ont exposé les 
abus de l'Etat", a déclaré l'un des militants visés, Gamal Eïd, 
fondateur du Réseau arabe pour l'information sur les droits de 
l'homme. 
    Les autres militants et ONG concernés sont: Hossam Bahgat, 
fondateur et ancien directeur de l'Initiative égyptienne pour 
les droits de la personne ; l'Institut du Caire pour l'étude des 
droits de l'homme et son directeur Bahey el dine Hassan ; le 
Centre juridique Hicham Moubarak et son directeur Mostafa al 
Hassan ; et enfin le Centre égyptien pour le droit à l'éducation 
et son directeur Abdelhafiz Tayel. 
    Bahgat, Eïd et neuf autres militants des droits de l'homme 
sont également interdits de déplacement dans le cadre de ce 
dossier qui remonte à 2011.  
    La loi égyptienne autorise en effet les procureurs à geler 
les avoirs de suspects, à leur interdire de voyager et à les 
maintenir pendant des périodes de garde à vue prolongées sans 
qu'ils soient formellement inculpés.   
    Ce jugement est "le signe que des inculpations pénales sont 
probablement imminentes", a toutefois commenté Hossam Bahgat.  
    Les militants égyptiens des droits de l'homme disent être 
confrontés aujourd'hui à la répression la plus dure de leur 
histoire dans le contexte d'une campagne plus large visant les 
libertés conquises à la faveur de la "révolution du Nil" et de 
la chute d'Hosni Moubarak en janvier-février 2011. 
    Dès la fin 2011, 17 groupes de défense de la démocratie et 
des droits de l'homme avaient fait l'objet de perquisitions, 
étant accusés d'avoir rejoint une conspiration étrangère contre 
l'Egypte. En 2013, un tribunal a ordonné la fermeture de 
plusieurs ONG étrangères de défense de la démocratie, dont 
Freedom House, basée aux Etats-Unis, et a infligé des peines de 
prison à 43 employés d'ONG dont 15 Américains ayant fui le pays. 
 
 (Ahmed Aboulenein; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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