La justice confirme l'assignation d'un djihadiste présumé

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ASSIGNATION CONFIRMÉE POUR UN DJIHADISTE PRÉSUMÉ
ASSIGNATION CONFIRMÉE POUR UN DJIHADISTE PRÉSUMÉ

TOULOUSE (Reuters) - Le Conseil d'Etat a rejeté lundi en appel la demande de suspension de l'arrêté d'assignation à résidence pris contre Farouk Ben Abbes, figure du djihadisme belge, a-t-on appris mardi auprès de son avocat.

Le 1er septembre, le tribunal administratif de Toulouse avait refusé de lever la mesure prise contre ce Belgo-Tunisien, âgé de 31 ans, assigné à résidence à Toulouse depuis plus de dix mois dans le cadre de l'état d'urgence.

Selon le tribunal toulousain, il existe "de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre public".

Cette mesure administrative qui impose notamment à Farouk Ben Abbes, né le 18 août 1985 en Belgique, un pointage obligatoire trois fois par jour au commissariat de Toulouse, a un caractère "manifestement disproportionné", estime au contraire son avocat parisien, Me Vincent Brengarth.

"Les faits auxquels se réfère l’assignation à résidence datent de 2008 et 2009 et pour ces faits, la planification supposée d’attentat en France, mon client a bénéficié d’un non-lieu en 2012", déclare-t-il.

"Il n'a rien à voir avec les attentats du Bataclan", ajoute Me Vincent Brengarth, en référence aux attaques du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts en région parisienne et poussé l'exécutif à instaurer l'état d'urgence.

Farouk Ben Abbes est connu depuis le début des années 2000 pour sa fréquentation du centre islamique de la rue de la Limite à Saint-Josse-ten-Noode, dans la banlieue de Bruxelles, où enseigne le cheikh salafiste Abou Chamya.

En 2003, il y rencontre Jean-Michel et Fabien Clain, les deux frères originaires de Toulouse qui ont revendiqué dans un enregistrement audio les attentats du 13 novembre dernier au nom de l’Etat Islamique.

En 2009, les noms de Fabien Clain et Farouk Ben Abbes étaient apparus dans une enquête sur des menaces d’attentat ciblant le Bataclan mais le djihadiste belge présumé avait finalement bénéficié d’un non-lieu.

Le ressortissant belge, né de parents tunisiens, avait été condamné le 21 mars dernier par le tribunal correctionnel de Toulouse à trois mois de prison ferme pour violation de son assignation à résidence et placé en détention.

Selon le ministère de l'Intérieur, Farouk Ben Abbes continuerait d'entretenir des "relations suivies" avec la mouvance islamiste radicale à Toulouse depuis sa sortie de prison en mai 2016.

Pour ses avocats, sa "fréquentation supposée" d'une librairie islamique toulousaine et sa présence à un mariage religieux auquel auraient participé des islamistes radicaux" n'apportent "pas le commencement d'une preuve" que Farouk Ben Abbes présenterait un trouble à l'ordre public".

(Johanna Decorse, édité par Simon Carraud)

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