La justice approuve le plan de restructuration de Belvédère

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par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le tribunal de commerce de Dijon a approuvé le plan de redressement et de désendettement de Belvédère, ouvrant ainsi la voie à la conversion de la dette du groupe de spiritueux en capital.

Belvédère était menacé de liquidation judiciaire en raison d'une dette de 672 millions d'euros, dont l'essentiel a été contracté en 2006 pour financer le rachat de Marie Brizard. Il avait donc conclu en septembre un accord avec ses créanciers pour effacer cette dette devenue ingérable.

"Le tribunal (...) arrête le plan de redressement de Belvédère SA (...) tel qu'il est présenté dans le rapport de l'administrateur judiciaire en date du 24 janvier 2013", lit-on dans le jugement rendu mardi à Dijon et dont Reuters a pu lire une copie.

Le tribunal ajoute que la société dispose d'un délai de sept ans pour restructurer sa dette et assainir ainsi son bilan.

Après plus de quatre ans de bras de fer avec ses créanciers, le temps commençait à sérieusement presser pour Belvédère car l'accord avec les créanciers expirait le 20 mars.

Un premier obstacle a été franchi fin février avec le feu vert des actionnaires, obtenu non sans difficultés après deux assemblées générales particulièrement agitées.

Dans sa version initiale, le plan de désendettement de Belvédère prévoyait un mécanisme combinant des cessions d'actifs et de conversion de dette en actions du groupe. Mais faute d'avoir reçu des offres de reprise suffisante, c'est finalement la conversion totale de la dette qui a été retenue par l'administrateur judiciaire Frédéric Abitbol.

Le tribunal de Dijon a d'ailleurs entériné cette solution après avoir rejeté les offres déposées pour le rachat de certains actifs du groupe.

A l'issue de ce plan, les actionnaires actuels de Belvédère ne détiendront plus que 13% du capital du groupe qui conserve également en portefeuille la vodka Sobieski et le whisky William Peel. Les créanciers, pour l'essentiel des hedge funds, en contrôleront 87%.

Le fonds Oaktree deviendra à cette occasion le premier actionnaire de Belvédère avec 38% du capital, avec des droits de vote toutefois limités à 19,9%.

En Bourse, le titre prenait 0,5% à 22,75 euros en milieu de journée.

Avec Pascale Denis et Alice Cannet, édité par Dominique Rodriguez

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