La justice allemande demande à la presse les "Panama papers"

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    BERLIN, 10 avril (Reuters) - Le ministre allemand de la 
Justice, Heiko Maas, a demandé, dans un entretien publié 
dimanche, à la presse de transmettre à ses services les "Panama 
papers" qui montrent comment de grosses fortunes utilisent des 
sociétés offshore pour dissimuler au fisc une partie de leur 
patrimoine.  
    Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung fait partie des 
110 médias du monde entier qui ont entamé dimanche dernier la 
publication d'informations sur les clients du cabinet juridique 
panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la création de sociétés 
offshore dont les actionnaires et dirigeants restent souvent 
inconnus.  
    C'est le Süddeutsche Zeitung qui avait le premier reçu 
quelque 11,5 millions de fichiers de Mossack Fonseca, avant de 
les partager avec des confrères internationaux et le Consortium 
international des journalistes d'investigation (ICIJ). 
    Interrogé par le Tagesspiegel, Heiko Maas a déclaré que les 
enquêteurs du fisc et des juristes étudiaient déjà tous les 
indices disponibles liés à ce dossier et que plusieurs enquêtes 
étaient en cours.  
    "Si des documents importants étaient transmis aux autorités, 
cela aiderait à faire avancer la justice", a-t-il expliqué, 
ajoutant que cela se traduirait aussi par des recettes fiscales 
supplémentaires. 
    Il s'est dit optimiste sur la capacité des autorités à 
conclure avec la presse au moins un accord sur un échange de 
"certaines informations de valeur".  
    Vendredi, une porte-parole du ministère allemand des 
Finances avait dit prendre acte de la volonté des médias ne pas 
transmettre les documents concernés aux autorités, en 
reconnaissant qu'ils en avaient le droit.  
    Egalement interrogé sur la lutte contre l'évasion fiscale, 
Heiko Maas n'a pas exclu que Berlin prenne des mesures 
unilatérales si les pressions internationales ne permettaient 
pas de mettre fin aux "manipulations criminelles". 
    "Nous devrions suivre la suggestion importante de 
l'ex-chancelier Helmut Schmidt, qui veut interdire les dépôts 
financiers bénéficiant aux sociétés et aux personnes 
enregistrées légalement dans des paradis fiscaux et 
réglementaires", a-t-il dit.  
    Il a ajouté que l'Allemagne travaillait depuis longtemps 
déjà à renforcer la responsabilité des entreprises et des 
banques et il a jugé nécessaire de renforcer l'arsenal des 
sanctions, en promettant des propositions concrètes sur le sujet 
d'ici la fin de l'année.  
     
 
 (Michelle Martin; Marc Angrand pour le service français) 
 
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