La "jungle" de Calais démantelée, Hollande salue un succès

le , mis à jour à 22:40
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    * Hollande parle d'une opération "humaine" et "efficace" 
    * La question des mineurs isolés oppose Londres et Paris 
 
 (Actualisé avec Hollande dans La Voix du Nord) 
    LILLE/PARIS, 31 octobre (Reuters) - Les derniers abris de la 
"jungle" de Calais ont été détruits lundi, épilogue d'un 
démantèlement qui s'est déroulé sans heurts depuis une semaine, 
avec l'évacuation de plus de 6.000 migrants répartis dans des 
centres d'accueil à travers le pays. 
    François Hollande a salué une opération "humaine et digne, 
mais aussi efficace et ferme" et assuré les habitants de Calais 
qu'il n'y aurait "pas de réinstallation sur la lande". 
    Une polémique entre Paris et Londres sur le sort des quelque 
1.500 mineurs isolés qui résident toujours sur place, dans un 
Centre d'accueil provisoire (CAP), a toutefois terni le tableau. 
    Le président français, dans un entretien à paraître mardi 
dans La Voix du Nord, précise avoir demandé aux Britanniques 
"d'aller au plus loin possible dans l'application de leurs 
critères" d'accueil. 
    La préfète du Pas-de-Calais a annoncé dans un communiqué que 
le retrait de tous les abris avait pris fin à 18h00. 
    Plus tôt dans la journée, un porte-parole de la préfecture 
avait indiqué à Reuters que le nettoyage de la zone où se 
trouvait le bidonville se poursuivrait pour une durée "difficile 
à déterminer avec précision".  
    Hormis des incendies d'abris accompagnés d'explosions de 
bouteilles de gaz qui ont fait un blessé léger parmi les 
migrants, l'opération s'est déroulée sans tension. Aucun heurt 
n'a éclaté entre les forces de l'ordre et les militants No 
Border, comme pouvaient le craindre les autorités.  
    "C'est une opération qui a été conduite de manière humaine 
et digne, mais aussi efficace et ferme", souligne François 
Hollande dans La Voix du Nord. 
    La lande "est évacuée. Elle sera sécurisée. Plus personne ne 
pourra la rejoindre. Depuis lundi dernier, il n'y a d'ailleurs 
pas eu d'intrusion sur la rocade", ajoute-t-il. 
    Les migrants, dont 85% sont éligibles au statut de réfugié 
selon les autorités, pourront désormais demander l'asile depuis 
leurs Centres d'accueil et d'orientation (CAO).  
     
    LE "DEVOIR" DES BRITANNIQUES 
    Selon les accords de Dublin, les demandeurs d'asile qui ont 
déjà fait une demande ou laissé leurs empreintes dans un autre 
pays de l'Union européenne doivent être renvoyés vers ce pays. 
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a toutefois fait 
savoir qu'il ne souhaitait pas "qu'à partir des CAO on procède à 
des opérations de 'dublinage'".  
    Reste la question épineuse des mineurs isolés, sur laquelle 
les gouvernements français et britannique mènent des 
négociations tendues. La semaine dernière, Londres a appelé 
Paris à les protéger, suscitant l'agacement des autorités 
françaises. 
    "J'ai demandé aux Britanniques d'aller au plus loin possible 
dans l'application de leurs critères. C'est leur devoir. Et 
c'est aussi une question de dignité humaine et d'intérêt de 
l'enfant", déclare François Hollande dans La Voix du Nord. 
    "La France aura accueilli plus de 13.000 migrants relevant 
du statut de réfugié depuis Calais en moins d'un an. Il est donc 
logique que le Royaume-Uni assume sa part de cet effort pour les 
mineurs qui disent avoir des liens familiaux avec l'Angleterre, 
mais également pour tous ceux dont c'est l'intérêt supérieur, 
comme le prescrit la loi britannique", souligne-t-il. 
    L'autre grand défi pour la France sera d'éviter que ne se 
reconstitue un campement similaire à Calais ou dans ses 
environs, qui serait occupé par des migrants souhaitant 
rejoindre clandestinement le Royaume-Uni. 
    "A ce stade, nous n'observons aucune réinstallation, le 
dispositif anti-squat fonctionne", assure le porte-parole de la 
préfecture. "Certains doivent se cacher", tempère toutefois 
François Guennoc, de l'ONG l'Auberge des migrants. 
    Le nombre de personnes installées aux abords de la station 
de métro Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris, a 
explosé ces derniers jours, au moment où la "jungle" de Calais 
était démantelée, sans que l'on sache dans quelle mesure il y a 
eu un effet de vases communicants. Une opération de contrôle des 
identités a eu lieu dans ce campement lundi.  ID:nL8N1D12R4  
 
 (Pierre Savary à Lille et Chine Labbé à Paris, avec Alex Fraser 
et Oliver Barth à Calais, édité par Sophie Louet) 
 
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  • schalle6 il y a 3 mois

    Ma liberté de parole étant restreinte dans ce que l'on appelle une ''république'', je dis haut et fort ne pas être d'accord avec ces opérations de dissémination, qui n'amèneront qu'au chao!