La journée du souvenir de la guerre d'Algérie divise en France

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VOTE ET DIVISION SUR LA JOURNÉE NATIONALE DU SOUVENIR DE LA GUERRE D'ALGÉRIE
VOTE ET DIVISION SUR LA JOURNÉE NATIONALE DU SOUVENIR DE LA GUERRE D'ALGÉRIE

PARIS (Reuters) - Le Parlement français a décidé jeudi que le 19 mars, date du cessez-le-feu en Algérie, serait désormais une journée nationale de souvenir en hommage aux victimes du conflit, au grand dam de l'opposition de droite qui y voit un facteur de division.

Cette date marque en effet aussi le début du départ des "pieds-noirs" de leur terre natale avant l'indépendance de juillet 1962 et du massacre de nombreux supplétifs de l'armée française restés en Algérie.

Le Sénat a adopté par 181 voix, celles de la gauche, contre 155, celles de la droite, une proposition de loi socialiste qui avait été votée le 22 janvier 2002 par l'Assemblée nationale alors que la gauche y était majoritaire.

Cette proposition visant à faire du 19 mars une "journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc" avait à l'époque été présentée par Alain Néri, alors député socialiste.

Le groupe PS du Sénat l'a reprise, le rapporteur du texte étant Alain Néri devenu sénateur PS en septembre 2011.

Ce vote intervient deux semaines après l'adoption par le Sénat d'une proposition de résolution déposée par le groupe Front de gauche pour la reconnaissance de la répression de la manifestation du FLN à Paris le 17 octobre 1961.

Ce vote par le Parlement français intervient également alors que François Hollande a prévu de se rendre en Algérie avant la fin de l'année.

Depuis 2003, la journée de commémoration des victimes de la guerre d'Algérie est fixée au 5 décembre. Cette date, qui ne fait pas non plus l'unanimité, correspond à l'inauguration un an plus tôt d'un mémorial aux combattants d'Afrique du Nord par Jacques Chirac, alors chef de l'Etat, à Paris.

La proposition de loi, soutenue par la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), qui revendique 358.000 adhérents, est donc adoptée définitivement par le Parlement.

Mais l'opposition l'a vivement critiquée.

"C'est un texte superfétatoire et inutile qui jette de l'huile sur le feu", a dit l'UMP Marcel-Pierre Cléach.

Pour le centriste Hervé Marseille, "le 19 mars est non pas une date qui rassemble mais qui divise".

Alain Néri a toutefois estimé que "la troisième génération du feu (méritait) une date historique et symbolique comme les deux générations précédentes".

Le gouvernement s'en est remis "à la sagesse" des sénateurs.

"Je m'en remets dans le plein respect des prérogatives du Parlement car c'est à ce dernier qu'il incombe d'achever un processus législatif qu'il a lui même engagé et ce, sans aucune ingérence ni interférence de la part de l'exécutif", a dit Kader Arif le ministre délégué aux Anciens combattants.

Emile Picy, édité par Myriam Rivet et Yves Clarisse

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  • charleco le jeudi 8 nov 2012 à 21:05

    Pourquoi ne pas prendre la date de signature des accords d'Evian, c'est pourtant simple!

  • chatnour le jeudi 8 nov 2012 à 20:41

    N'oubliez pas samedi prochain 10 novembre à 14 heures à La Concorde et sur les Champs : http://www.resistancerepublicaine.eu/2012/marche-contre-le-fascisme-islamiste-le-10-novembre-a-paris/