La "Journée du silence" tient bon dans l'est de l'Ukraine

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(Avec situation sur le terrain) par Richard Balmforth et Pavel Polityuk KIEV, 9 décembre (Reuters) - Les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes pro-russes ont annoncé mardi qu'ils avaient suspendu les combats dans l'est du pays dans le cadre d'une "journée du silence" sur la ligne de front qui pourrait favoriser de nouveaux pourparlers de paix. A Kiev, l'armée a précisé qu'elle avait suspendu ses opérations de combat à 10h00. Elle a fait état de six violations de cette trêve par les rebelles. Côté séparatiste, Alexander Zakhartchenko, qui dirige la "République populaire de Donetsk", a déclaré avoir lui aussi ordonné à ses troupes de cesser le feu à 10h00 et de ne riposter qu'en cas d'attaque. "Pour le moment, le cessez-le-feu est respecté", a-t-il dit. Les Ukrainiens ont fait de cette "journée du silence" un test de la capacité des séparatistes à respecter la trêve théoriquement en vigueur depuis trois mois. Cette trêve décidée au moment de la conclusion d'un accord le 5 septembre à Minsk a été sans cesse violée, provoquant la mort de centaines de civils, de soldats ukrainiens et de séparatistes pro-russes. D'après l'Onu, on a compté en moyenne treize morts quotidiennement depuis son entrée en vigueur. RELANCE DES POURPARLERS DE PAIX ? Si le cessez-le-feu de mardi tient bon, la perspective d'une reprise cette semaine à Minsk de pourparlers de paix impliquant la Russie, l'Ukraine et les chefs séparatistes sous l'égide de l'OSCE en sortira renforcée. Un conseiller diplomatique de Vladimir Poutine indiquait lundi soir que ces discussions, annoncées par le président ukrainien Petro Porochenko pour mardi, pourraient avoir lieu "cette semaine" dans la capitale biélorusse. Il s'agirait de la première rencontre entre les deux camps depuis la conclusion du plan de sortie de crise en douze points le 5 septembre à Minsk sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Un cessez-le-feu constituait le premier point du "Protocole de Minsk". Il n'a jamais été appliqué. A Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a confirmé mardi que le "groupe de contact" sur l'Ukraine allait se réunir prochainement. "Dans les jours à venir est prévue une réunion du groupe de contact, au cours de laquelle sera évoqué un plan de cessez-le-feu définitif", a-t-il dit, cité par l'agence de presse russe RIA. Mais le ministre russe a mis en garde contre tout excès d'optimisme: la réduction véritable des tensions dans l'est de l'Ukraine prendra beaucoup de temps, a-t-il prévenu. Le discours prononcé dans le même temps par le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk ne devrait pas inciter Moscou à modifier sa politique ukrainienne. Le gouvernement ukrainien, a annoncé Iatseniouk, va engager la suppression du statut de neutralité et d'Etat non-aligné promulgué en 2010 par l'ex-président Viktor Ianoukovitch qui interdit à l'Ukraine de s'aligner sur un bloc et de rallier toute alliance militaire. Or Moscou juge que cette neutralité est "fondamentale". (avec Serhiy Kirichenko à Donetsk et Thomas Grove à Moscou; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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