La "journée de la colère" en Egypte vire au bain de sang

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AFFRONTEMENTS MEURTRIERS EN MARGE DE LA "JOURNÉE DE LA COLÈRE" EN ÉGYPTE
AFFRONTEMENTS MEURTRIERS EN MARGE DE LA "JOURNÉE DE LA COLÈRE" EN ÉGYPTE

par Yasmine Saleh et Tom Perry

LE CAIRE (Reuters) - La "journée de la colère" décrétée vendredi par les Frères musulmans en Egypte a dégénéré en de nouveaux affrontements meurtriers au Caire, où on compte près de 50 morts selon des sources proches de la sécurité, ainsi que dans d'autres villes du pays.

Dans le centre de la capitale, survolé par un hélicoptère militaire et où retentissaient des rafales d'armes automatiques, un journaliste de Reuters a dénombré 27 corps transportés dans une mosquée proche de la place Ramsès où convergeaient les islamistes. La plupart portaient les marques de blessures par balles.

De sources proches des services de sécurité, on évoquait en fin d'après-midi un bilan de près de 50 morts dans la capitale.

Dans la province du Fayoum, au sud du Caire, on rapporte de source médicale que des affrontements similaires ont fait au moins cinq morts et 70 blessés. Quatre morts ont été signalés à Ismaïlia, dans le nord-est, huit autres à Damiette, au bord de la mer Méditerranée et deux à Tanta, dans le delta du Nil.

Deux jours après l'intervention sanglante des forces de l'ordre contre les campements qu'ils occupaient au Caire, des milliers de partisans de l'ancien président Mohamed Morsi ont répondu à l'appel de la confrérie.

Bravant les mises en garde du gouvernement mis en place après la destitution de Mohamed Morsi, le 3 juillet, ils ont de nouveau exigé son rétablissement dans ses fonctions et la démission du chef de l'état-major de l'armée, le général Abdel Fattah al Sissi, qui cumule aussi les fonctions de ministre de la Défense et vice-Premier ministre, qu'ils tiennent pour responsable des troubles meurtriers de mercredi.

"Le peuple réclame que le boucher soit exécuté", a dit l'un d'eux, Mustafa Ibrahim, 37 ans.

LA "DÉTERMINATION" DES FRÈRES

Dans la matinée, l'armée égyptienne avait déployé des dizaines de véhicules blindés aux points névralgiques de la capitale tandis que le ministère de l'Intérieur avait prévenu la veille que les forces de sécurité tireraient à balles réelles contre ceux qui s'en prendraient à elles ou à des bâtiments officiels.

Mais des milliers d'islamistes ont convergé à la sortie des grandes prières du vendredi vers la place Ramsès, dans le centre de la capitale, où des affrontements ont éclaté.

Des milliers de manifestants islamistes, le visage protégé par des masques chirurgicaux, des masques à gaz et des foulards, ont fait face aux gaz lacrymogènes. Des journalistes de Reuters ont dit avoir entendu des coups de feu.

"Tôt ou tard, je vais mourir", a déclaré Sara Ahmed, l'une des rares manifestantes du Caire à ne pas porter le voile islamique. "Il vaut mieux mourir pour mes droits que dans mon lit. Les fusils ne nous font plus peur (...) Il ne s'agit pas des Frères, il s'agit des droits de l'homme."

L'agence de presse officielle Mena a annoncé la mort d'un policier, tué par balles dans le nord de la capitale.

Même si elle admet avoir "pris des coups", la confrérie refuse de reculer dans son bras de fer avec Abdel Fattah al Sissi.

Dans un communiqué publié dans la nuit, les Frères disaient vouloir réunir pour ce "vendredi de la colère" des millions de partisans. "Malgré la douleur et la peine suscitées par la perte de nos martyrs, le dernier crime commis par les putschistes a renforcé notre détermination à en finir avec eux."

Le "vendredi de la colère" a été le nom donné à la journée la plus violente du soulèvement de janvier-février 2011 ayant abouti à la chute de l'ancien président Hosni Moubarak. Ce jour-là, le 28 janvier 2011, les manifestants avaient pris le dessus sur la police, amenant l'armée à intervenir et à mettre à l'écart le "raïs".

APPEL COMMUN DE HOLLANDE ET MERKEL

Cette aggravation de la situation et la polarisation croissante de la société égyptienne inquiètent la communauté internationale, qu'alerte notamment la proclamation, mercredi, de l'état d'urgence par les autorités égyptiennes.

Réuni d'urgence, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé jeudi soir un appel à la retenue.

De leur côté, François Hollande et Angela Merkel ont estimé vendredi que l'Union européenne devrait revoir ses relations avec l'Egypte à la lumière des derniers développements.

Le président français et la chancelière allemande, qui se sont entretenus par téléphone, souhaitent que les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent la semaine prochaine pour discuter en urgence de la situation en Egypte

Le gouvernement allemand, qui a conseillé pour la première fois aux touristes d'éviter les stations balnéaires égyptiennes de la mer Rouge, a annoncé qu'il allait revoir sans attendre ses liens avec Le Caire.

Le président américain Barack Obama a estimé pour sa part que les Etats-Unis ne pouvaient plus coopérer normalement avec l'Egypte et a annoncé l'annulation de manoeuvres militaires conjointes entre les deux pays prévues en septembre. Mais il n'a pas pour autant touché à l'aide financière massive que Washington apporte à l'armée égyptienne.

A l'inverse, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a appelé les nations arabes à soutenir les autorités égyptiennes dans leur lutte "contre le terrorisme" et les tentatives de déstabilisation du pays.

Avec Michael Georgy, Tom Finn, Mohamed Abdellah, Omar Fahmy et Ahmed Tolba au Caire, Steve Holland et Jeff Mason à Martha's Vineyard et Natalie Huet et Ingrid Melander à Paris; Bertrand Boucey, Jean-Loup Fiévet et Julien Dury pour le service français

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  • Breizhll le vendredi 16 aout 2013 à 20:23

    de toute facon les freres musulmans ne sont rien de plus que des talibans deguises, ils cherchent la mise en place d une dictature religieuse obscurantiste. Avec eux au pouvoir, dans 10 ans ils auraient fait raser les temples antitiques et mis en quasi esclavage toutes leurs femmes.

  • ref1929 le vendredi 16 aout 2013 à 18:58

    Qui veut le bain de sang ? les freres musulmans. Et bien c'est parfait c'est le leur qui coule. Aux prochaines éléctions il seront moins nombreux.