La journaliste française Florence Hartmann libérée par le TPI

le , mis à jour à 18:23
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LA HAYE (Reuters) - La journaliste française Florence Hartmann, ancienne porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), a bénéficié mardi d'une libération anticipée après avoir passé cinq jours en détention pour outrage à la cour.

Correspondante du journal Le Monde pendant le conflit dans les Balkans dans les années 1990, Florence Hartmann avait été arrêtée jeudi par les gardes du TPIY alors qu'elle était venue assister au verdict du procès de l'ancien chef des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic.

La journaliste âgée de 53 ans avait été condamnée en 2009 à 7.000 euros d'amende pour outrage à la cour après avoir révélé deux ans plus tôt dans un livre deux décisions confidentielles de la cour d'appel du TPIY de ne pas rendre publics des documents qui prouvaient, selon elle, l'implication de l'Etat serbe dans le massacre de 8.000 musulmans à Srebrenica en 1995.

Florence Hartmann, porte-parole du procureur général du TPIY de 2000 à 2006, n'avait pas payé cette amende et la peine avait alors été alourdie à sept jours de prison. La France et les Pays-Bas avaient refusé de l'extrader.

"Le fait que Hartmann ait accompli les deux tiers de sa peine et son comportement exemplaire dans le quartier pénitentiaire des Nations unies ont plaidé en faveur d'une libération anticipée", a déclaré le président du Tribunal, l'Américain Theodor Meron.

Interrogé par Reuters, son avocat Me William Bourdon a estimé que la cour avait "pris la décision qui s'imposait face aux protestations multiples qui se sont exprimées devant le caractère inique de cette détention".

Une cinquantaine de personnalités ont signé la semaine dernière sur le site internet de la revue Esprit une tribune appelant à sa libération, également réclamée par le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio, dans un éditorial.

"De ce lourd dérapage, il y a un enseignement à tirer: il faut faire en sorte que la criminalisation des lanceurs d'alerte par la justice pénale internationale, et au-delà par toutes les institutions internationales ne soit plus possible", a ajouté Me Bourdon.

(Thomas Escritt, avec Simon Carraud à Paris, Tangi Salaün pour le service français)

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