La jeunesse de gauche veut faire plier François Hollande

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FRANÇOIS HOLLANDE FACE AU MÉCONTENTEMENT DE LA JEUNESSE DE GAUCHE
FRANÇOIS HOLLANDE FACE AU MÉCONTENTEMENT DE LA JEUNESSE DE GAUCHE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Plus d'une vingtaine d'organisations de jeunes ancrées à gauche ont réaffirmé mardi leur volonté de faire plier le gouvernement et d'obtenir le retrait du projet de réforme du Code du travail, une mobilisation périlleuse pour le gouvernement.

Des syndicats étudiants Unef et Solidaires à "SOS racisme" ou "Osez le féminisme" en passant par les jeunes communistes, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), les organisations lycéennes, les Jeunes écologistes, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS), la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) ou les Jeunes CGT, elles affichent le même credo.

"A travers le projet de la loi travail, le gouvernement vient de déclencher une guerre sans précédent contre les jeunes et les salariés", lit-on dans leur communiqué commun.

Pas question de se contenter du report de 15 jours de l'examen du texte, annoncé lundi par le Premier ministre, Manuel Valls, ont déclaré mardi à la presse leurs représentants, qui réclament le retrait pur et simple du texte.

"Ce qui s'est levé depuis quelques jours, c'est la coagulation de toute les colères accumulées depuis l'élection de François Hollande", a expliqué Guillaume Loïc (NPA).

Marthe Corpet, trésorière de l'Unef, voit dans le report un symptôme de "fébrilité" du gouvernement face à l'opposition des syndicats, d'une partie de la gauche et de la jeunesse.

"Le rapport de force se construit. Nous n'allons pas nous arrêter là. Nous souhaitons continuer la mobilisation jusqu'au retrait", ajoute-t-elle. "Nous refusons la précarité à vie."

LE MJS CONTRE LA LOI EL KHOMRI

Ces organisations ont maintenu une journée de mobilisation nationale le 9 mars, date initialement prévue pour l'examen du texte en conseil des ministres, avec notamment un rassemblement place de la République à Paris, et annoncent des assemblées générales en amont dans les universités.

La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) appelle pour sa part les lycéens à sortir le 9 mars les tables de leurs classes pour les mettre devant leurs établissements.

Parmi les intervenants le président du MJS, Benjamin Lucas, a affiché un sourire crispé quand on lui a demandé comment il conciliait cet engagement avec son appartenance au PS.

Ce militant dont l'engagement remonte au mouvement de 2006 contre le contrat première embauche (CPE) admet qu'il y a "plus agréable" que faire campagne contre sa propre famille politique.

"Je suis très malheureux d'avoir eu en deux mois de présidence des jeunes socialistes à faire campagne contre la déchéance de nationalité et une réforme du droit du travail qui heurte ce pourquoi je me suis engagé", confie-t-il à Reuters.

"Mais ce serait encore plus douloureux de se taire", ajoute Benjamin Lucas, selon qui une "très large majorité" du MJS est en faveur du retrait du projet de loi.

RISQUES

Quatre ans après avoir contribué à faire élire à la tête de l'Etat François Hollande, qui avait fait de la jeunesse une priorité, ces organisations s'apprêtent à lancer un mouvement qui, s'il prend de l'ampleur, sera difficile à arrêter.

"Ça serait tout à fait redoutable, avec ou sans le soutien des syndicats de salariés", estime Jérôme Fourquet, de l'institut de sondage Ifop. "Tout pouvoir est très attentif à ce type de mouvement difficile à canaliser, qui donne une image négative et peut déboucher sur des dérapages."

Sans remonter à Malik Oussekine, victime de la répression d'une manifestation contre un projet de réforme des universités en 1986, la mort de Rémi Fraisse, jeune opposant au barrage de Sivens (Tarn), lors d'affrontements avec les forces de l'ordre en octobre 2014, rappelle que ce risque reste bien réel.

Parmi les militants présents à la conférence de presse de mardi, certains se sont aguerris dans l'opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.

Du point de vue de l'exécutif, le risque sera maximum si la protestation des jeunes converge avec des mouvements déclenchés par les syndicats de salariés.

"Ça ferait un cocktail assez détonant", souligne Jérôme Fouquet, selon qui les 800.000 signatures recueillies par la pétition lancée sur interne contre la loi El Khomri montrent qu'un "potentiel" de mobilisation existe.

Les unions régionales d'Ile-de-France de la CGT, de Force ouvrière (FO), de la FSU et de Solidaires ont lancé un appel à manifester le 9 mars devant le siège du Medef et le ministère du Travail. La CGT, l'Unsa, Sud-Rail, FO et la CFDT ont pour leur part déposé un préavis de grève à la SNCF pour ce jour-là.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • opelin le mardi 1 mar 2016 à 17:38

    Et qui avait été récompensée, Il n'y a qu'à voir le parcours de Juillard !!! M'enfin le plus grave c'est que ce sont des gens extérieurs au monde du travail (donc sans aucune expérience) qui entendent donner des leçons. Ceci dit la ministre n'a également aucune expérience ...

  • berkowi le mardi 1 mar 2016 à 17:34

    Unef , "SOS racisme", "Osez le féminisme ,NPA, les organisations lycéennes, les Jeunes écologistes, MJS, JOC ou les Jeunes CGT. Que du beau monde avec pleins d’expériences de la vie professionnelle et puis pas du tout influencés.

  • schalle6 le mardi 1 mar 2016 à 17:34

    Pauvre France, une minorité de ces sy-/ndy-/cats feront crever le pays!

  • M7403983 le mardi 1 mar 2016 à 17:31

    La même jeunesse de gauche qui avait fait plier les réformes d'avant (95-05), avec l'assentiment de Hollande et pour cause ... Vraiment à mourir de rire que notre pauvre classe politique !!! Pauvre Hollande !!! Une vraie catastrophe avant, pendant, et après qui saura !!!!!

  • lorant21 le mardi 1 mar 2016 à 17:28

    Il n'y a pas besoin de beaucoup de force. une pichenette suffit..

  • vmcfb le mardi 1 mar 2016 à 17:26

    UNEF = 0,8% des étudiants en France: est-ce bien nécessaire de répercuter leurs opinions?