La Hongrie ferme ce vendredi à minuit sa frontière avec la Croatie

le , mis à jour à 18:00
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(Actualisé avec accord entre la Croatie et la Slovénie, § 10-11, incorpore le LEAD 1 MIGRANTS-HONGRIE) ZAKANY, Hongrie, 16 octobre (Reuters) - La Hongrie va fermer sa frontière avec la Croatie ce vendredi à minuit (22h00 GMT) pour enrayer l'afflux de migrants et de réfugiés, a annoncé le chef de la diplomatie, Peter Szijjarto, à l'issue d'un conseil des ministres restreint. Le ministre a imputé cette décision à l'incapacité des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, réunis jeudi à Bruxelles, à se décider sur la création d'un corps international pour surveiller les frontières extérieures de l'Union, notamment en Grèce, principal pays d'entrée des migrants dans l'espace Schengen. "Par conséquent, le conseil de sécurité intérieure a décidé qu'à partir de minuit, la Hongrie appliquera pleinement les règles de Schengen à sa frontière avec la Croatie", a-t-il poursuivi. Membre de l'Union européenne depuis juillet 2013, la Croatie n'appartient pas à l'espace Schengen, où la liberté de circulation est garantie pour les ressortissants de l'UE. Deux "zones de transit" seront installées à la frontière croate pour enregistrer les demandes d'asile, a poursuivi Peter Szijjarto. Budapest, a-t-il précisé, a informé la Croatie, la Slovénie, la Pologne, la Slovaquie, l'Autriche et l'Allemagne de sa décision de fermer la frontière. Les autorités hongroises ont fait ériger le long de la frontière croate une barrière métallique similaire à celle qui boucle, plus à l'est, la frontière avec la Serbie. Vendredi à la mi-journée, entre 1.500 et 2.000 personnes avaient franchi la frontière en provenance de Croatie. Une fois la frontière hongroise fermée, les migrants seront contraints de passer par la Slovénie, autre pays membre de l'espace Schengen, ou de rester en Croatie. A Zagreb, un porte-parole du gouvernement croate a annoncé qu'un dispositif avait été trouvé avec les autorités slovènes pour gérer l'afflux de migrants et la fermeture de la frontière hongroise. Il n'en a pas dit davantage. Le Premier ministre slovène Miro Cerar a souligné, lui, que son pays, qui ne compte que deux millions d'habitants, serait contraint de renforcer ses propres frontières. "Nous ne pouvons permettre que la Slovénie soit inondée par un nombre incontrôlé de réfugiés ou de migrants", a-t-il dit à la presse à Bruxelles. (Marton Dunai avec Krisztina Than à Budapest, Marja Novak à Ljubljana et Igor Ilic à Zagreb; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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