La hausse du chômage en Allemagne se poursuit au ralenti

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LE CHÔMAGE EN ALLEMAGNE
LE CHÔMAGE EN ALLEMAGNE

par Sarah Marsh

BERLIN (Reuters) - Le chômage en Allemagne a augmenté pour le huitième mois consécutif en novembre, signe que la demande intérieure pourrait être insuffisante pour compenser la dégradation des exportations et soutenir la croissance de la première économie d'Europe.

La hausse du mois dernier a toutefois été plus faible qu'attendu et le taux de chômage reste proche de son plus bas niveau depuis la réunification de l'Allemagne en 1990, ce qui distingue nettement la République fédérale de la plupart de ses partenaires économiques, à commencer par la France.

Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 5.000 par rapport à octobre en données corrigées des variations saisonnières (CVS) pour atteindre 2,939 millions.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une hausse trois fois plus marquée et leurs estimations s'échelonnaient de 5.000 à 32.000.

Le taux de chômage, lui, est resté inchangé à 6,9% de la population active.

"Si l'on regarde vers l'avenir, cependant, je doute que la consommation privée puisse réellement prendre le relais et jouer le rôle de principal moteur de la croissance de l'économie allemande", a commenté Carsten Brzeski, économiste d'ING.

"Les prévisions d'emploi dans le secteur manufacturier sont entrées en territoire négatif, la plupart des offres d'emploi portent sur des contrats temporaires et plusieurs entreprises ont ravivé les mécanismes de chômage partiel."

Alors que nombre d'observateurs voyaient la bonne tenue du marché du travail continuer à alimenter la consommation et donc la croissance, les signes de détérioration de la conjoncture se sont multipliés ces dernières semaines.

RETOUR AU "KURZARBEIT"

De grandes entreprises comme le distributeur Metro, numéro quatre mondial du secteur, la compagnie aérienne Lufthansa ou Deutsche Bank, la première banque du pays, prévoient de supprimer des milliers d'emploi au cours des mois qui viennent.

D'autres comme Opel, la filiale allemande de l'américain General Motors, ou le sidérurgiste ThyssenKrupp ont relancé les plans de "Kurzarbeit", le chômage partiel indemnisé en partie par l'Etat, largement utilisé pendant la crise financière en 2008 et 2009.

Alors que la croissance a déjà fortement ralenti au troisième trimestre pour tomber à 0,2%, les indicateurs publiés ce mois-ci ont montré une contraction de l'activité dans le secteur privé, et une baisse marquée des commandes à l'industrie, de la production industrielle et des exportations.

Pour autant, les observateurs ne croient pas à une envolée du chômage comparable à celle observée en France, où le nombre de personnes sans emploi a atteint en octobre son plus haut niveau depuis 14 ans et demi après 18 mois de hausse d'affilée.

"La situation sur le marché allemand du travail va se durcir un peu pendant un certain temps mais nous ne nous attendons pas à une forte hausse du taux de chômage", dit Bernd Hartmann, de VP Bank.

Le produit intérieur brut (PIB) allemand devrait se contracter au quatrième trimestre mais les économistes s'attendent à une amélioration dès le début 2013. Ils s'appuient notamment sur l'annonce la semaine dernière de la première hausse en sept mois de l'indice Ifo du climat des affaires.

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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