La hausse du budget de la défense jugée inéluctable

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LA FRANCE RÉAFFIRME L'OBJECTIF D'UN BUDGET MILITAIRE À 2% DU PIB EN 2024
LA FRANCE RÉAFFIRME L'OBJECTIF D'UN BUDGET MILITAIRE À 2% DU PIB EN 2024

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - La hausse du budget de la défense a été jugée inéluctable par les militaires et les politiques mardi, au deuxième jour de l'université d'été de la Défense à Paris, sur fond de menace sécuritaire "durable" et de militaires fortement sollicités par les différents théâtres d'opération.

La France, qui s'est engagée avec les autres membres de l'Union européenne à porter le budget militaire à 2% de son produit intérieur brut (PIB) en 2024 contre 1,78% actuellement, a révisé à deux reprises à la hausse la loi de programmation militaire depuis les attentats de janvier 2015.

Le budget défense, qui a été augmenté de 600 millions d'euros en 2016 à 32 milliards d'euros, augmentera encore de 700 millions d'euros en 2017. Parallèlement, le chef de l'Etat François Hollande a annoncé qu'il n'y aurait plus de diminution d'effectifs dans la défense jusqu'en 2019.

"Nous n'avons pas le choix sur l'effort en matière de sécurité et de défense", a souligné Manuel Valls lors de l'université de la Défense. "C'est vrai que la dépense publique dans notre pays est particulièrement élevée mais (...) la menace est là et durable et il nous faut investir beaucoup en matière de sécurité, de protection des Français, comme il nous faut investir beaucoup dans la lutte contre la radicalisation".

L'objectif 2% du PIB pris auprès de l'Otan "est atteignable", a-t-il poursuivi. "Dans les dix ans qui viennent les niveaux d'engagements financiers et humains pour les ministère des l'Intérieur et de la Défense ira croissant. Vu la menace extérieure, cet effort devra se poursuivre."

Quelles que soient les circonstances et les difficultés économiques rencontrées, la "France ne doit pas renoncer à disposer de l'éventail complet des moyens militaires nécessaires à sa sécurité, à son indépendance politique, à son autonomie stratégique", a souligné pour sa part le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

"PRIX DE LA PAIX"

L'objectif des 2% du PIB a été réaffirmé en juillet lors du sommet de l'Otan à Varsovie. Dans les rangs des parlementaires, on reconnaît que, dans un contexte budgétaire serré, l'effort sera "colossal" et que les débats seront vifs.

"Augmenter les crédits de budget défense, je suis lucide, cela représente un effort colossal pour des finances publiques exsangues", a souligné Jean-Pierre Raffarin, président de la commission de la Défense du Sénat. "Nous savons que ce sera évidemment complexe, qu'il y aura des oppositions, qu'il faudra une volonté politique et un grand courage, cela nécessitera des choix extrêmement ambitieux".

L'enjeu est de taille, souligne-t-on à l'état-major des armées.

"Le modèle d'armée d'aujourd'hui est le bon mais il s'use", indique le chef des armées françaises, le général Pierre de Villiers. "L'analyse de la menace durable et l'ennemi que nous avons devant nous me fait dire que ça va être durable et que cela ne va pas diminuer".

La hausse du budget permettrait de "boucher les trous capacitaires", de respecter le contrat opérationnel des armées et de financer le renouvellement de la dissuasion nucléaire.

"Ça, ça coûte", souligne-t-il. "C’est ce que j’appelle le prix de la paix, c'est l’effort de guerre et nous n’avons pas le choix, nous sommes en guerre".

(Edité par Yves Clarisse)

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