La hausse des taux ne dissuade pas les emprunteurs

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Le nombre de crédits immobiliers a continué à augmenter au premier semestre.

Contre toute attente, l'engouement des Français pour la pierre ne s'est pas vraiment démenti au premier semestre. Après l'euphorie de 2010, la hausse des prix et la remontée des taux des crédits, le marché immobilier est resté dynamique. En dépit d'un fléchissement au deuxième trimestre, la production des prêts à l'habitat a ainsi progressé de 17,5 % en glissement annuel, selon l'étude de l'Observatoire crédit logement/CSA.

«La demande ne semble pas avoir réagi à la remontée des taux», constate Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université de Paris-X-Nanterre, qui a dirigé l'étude. Pourtant, les taux des crédits grimpent depuis novembre 2010. «Après avoir augmenté de 0,1 % par mois entre novembre 2010 et fin mars, ils ont progressé de 0,5 % par mois au second trimestre.» Résultat, les taux sont passés de 3,22 % (hors assurance) en moyenne en octobre 2010 à 3,9 % fin juin, retrouvant leur niveau de septembre 2009 ou «encore de l'été 2006, lorsque le marché était en pleine expansion».

Pour les emprunteurs, ce changement n'est plus indolore. Pour un prêt de 200.000 euros sur vingt ans, la mensualité est passée de 1160 euros en octobre 2010 (avec un taux de 3,5 % hors assurance) à 1244 euros aujourd'hui (avec un taux de 4,3 %) selon empruntis.com.

Allongement des durées d'emprunt

En sept mois, le coût total de cet emprunt s'est donc renchéri de plus de 20.000 euros, passant de 78.400 euros en octobre à 98.560. Toutefois, la hausse récente des taux a pu être en partie compensée par un allongement des durées d'emprunt (215 mois en moyenne en juin) et par l'augmentation sensible de l'apport personnel (+ 10,5 %), provenant en partie de la revente préalable d'un bien.

C'est en Ile-de-France que la remontée de l'apport personnel est la plus rapide. «S'il y a des différences de coûts importantes, elles sont toutefois gommées quand on compare les niveaux des revenus», relativise Michel Mouillart. En 2010, le coût moyen d'une acquisition représentait en moyenne 5,8 années de revenus, contre 5,5 au niveau national. «On est en train de reconstituer l'activité normale et habituelle du marché de la revente. Quand il sera revenu au rythme qui était le sien avant la crise, la progression des prix sera plus lente», prédit Michel Mouillart. Ce dernier anticipe une hausse des prix dans l'ancien comprise entre 6 % et 7 %, avec toutefois de fortes disparités régionales. Mais le marché de l'accession à la propriété pourrait ralentir. «L'année devrait connaître une stabilisation de la production de crédits », prédit Michel Mouillart.

Quand aux taux des crédits, ils ne devraient pas bouger à brève échéance. Mais, «il est très peu probable qu'ils baissent», estiment les spécialistes.

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