La hausse des tarifs des transports franciliens jugée nécessaire

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LA COUR DES COMPTES RECOMMANDE UNE HAUSSE DES TARIFS DES TRANSPORTS FRANCILIENS
LA COUR DES COMPTES RECOMMANDE UNE HAUSSE DES TARIFS DES TRANSPORTS FRANCILIENS

PARIS (Reuters) - La Cour des comptes recommande dans son rapport annuel une hausse des tarifs des transports en commun ferroviaires franciliens afin de faire face aux investissements nécessaires pour rénover un réseau "à la limite de la rupture".

Le réseau de transports en commun d'Ile-de-France, un des plus importants d'Europe, est utilisé chaque jour par plus de huit millions de voyageurs, dont 85% en métro, train et tramway.

La Cour des comptes montre particulièrement du doigt la SNCF, dont le réseau Transilien supporte 40% du trafic voyageur assuré quotidiennement par cette entreprise publique en France, sans parler des lignes RER dont elle est l'opérateur.

Le rapport rendu public mercredi dénonce un "désintérêt manifesté à l'égard de l'entretien" de ce réseau de 3.700 km, dont 40% des voies et 30% des aiguillages ont plus de 30 ans.

Les services chargés de l'entretien admettent que l'état général des infrastructures continuera à se dégrader jusqu'en 2020 et que le niveau actuel, loin d'être optimal, ne sera retrouvé qu'en 2025. Un constat d'autant plus inquiétant que le volume du trafic de voyageurs ne cesse d'augmenter.

Or, les pouvoirs publics ont lancé dans le cadre du "Grand Paris" des chantiers qui vont lourdement peser sur les ressources disponibles : le Grand Paris Express (création de quatre lignes de métro automatique et prolongement de deux autres), le CDG Express (liaison directe entre l'aéroport de Roissy et la Gare de l'Est) et Eole (prolongement de la ligne E du RER).

La Cour des comptes juge "incertaine" la réalisation concomitante de ces projets et de la rénovation des réseaux existants en période de forte tension budgétaire.

Elle estime à une cinquantaine de milliards d'euros le besoin de financement pour la seule période 2015-2020. A quoi s'ajoutent, pour la SNCF et l'Etat, d'autres projets très coûteux d'infrastructures sur le reste du territoire.

PRIORITÉ À L'AMÉLIORATION DE L'EXISTANT

"Les contraintes qui pèsent sur les budgets de l'Etat comme des collectivités locales ne laissent qu'une faible marge de manoeuvre pour accroître les subventions publiques", estiment les auteurs du rapport.

Ils ne voient guère non plus de marge du côté de la RATP et de la SNCF, où "la rigidité du statut et de l'organisation du travail (...) limite les perspectives d'amélioration de la productivité des exploitants".

Reste la contribution des voyageurs, dont la Cour regrette qu'elle soit réduite à la fois par la mise en place d'un forfait Navigo unique pour l'Ile-de-France depuis le 1er septembre 2015 et par une fraude massive (360 millions d'euros par an).

Le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) estime à 485 millions d'euros le manque à gagner dû à la mise en place de ce forfait pour 2016.

La Cour recommande donc à l'Etat et au Stif d'accroître la part des dépenses supportée par les voyageurs, c'est-à-dire une augmentation des tarifs.

Ce que la présidente de la région et du Stif, Valérie Pécresse, écarte dans sa réponse à la Cour, en l'absence d'une "amélioration sensible de la qualité de service" et de l'apport d'autres ressources.

La Cour des comptes demande aussi à l'Etat et à la SNCF de donner une "priorité absolue" à l'amélioration du réseau Transilien existant et de sélectionner rigoureusement les projets d'infrastructures envisagés pour les dix à 15 années à venir sur l'ensemble du territoire.

Elle souhaite au passage que cette situation soit prise en compte dans l'application des politiques visant à restreindre la circulation automobile au profit du rail.

"Si l'objectif d'encourager l'usage des transports en commun au détriment de l'automobile n'est pas contestable en soi, encore faut-il s'assurer que ceux-ci sont en mesure d'offrir aux voyageurs des conditions de déplacement convenables", dit-elle.

"Faute de quoi, on risque d'aggraver une situation déjà à la limite de la rupture."

(Emmanuel Jarry, édité par Jean-Baptiste Vey)

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  • mark92 il y a 10 mois

    Comment se moquer du monde ?? Un pas en avant et surtout 2 pas en arrière

  • manx750 il y a 10 mois

    Monsieur Miquet président du conseil constituionnel et les sages de cette vénérable institution s'en moquent ! ils ne sont pas concernés par les hausses des tariffs du métro etc. EUX, ils ont droit gratis à des voitures avec chauffeurs pour zéro centimes de frais !