La hausse de la TVA aurait un impact limité sur l'inflation

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LA HAUSSE DE LA TVA AURAIT UN IMPACT LIMITÉ SUR L'INFLATION
LA HAUSSE DE LA TVA AURAIT UN IMPACT LIMITÉ SUR L'INFLATION

PARIS (Reuters) - La hausse de la TVA au 1er janvier en France pourrait avoir un impact de 0,4 à 0,5 point de pourcentage sur le taux d'inflation, concentré sur le seul mois de janvier, estiment des économistes de la Banque de France.

Dans une étude publiée dans le bulletin mensuel de la banque diffusé mercredi, ils soulignent que, "dans le contexte actuel d'inflation modérée (proche de 1%), l'effet de ces changements de TVA ne présenterait pas de risque majeur pour la stabilité des prix."

Le taux "normal" de TVA passera de 19,6% à 20% au 1er janvier et le taux dit "intermédiaire" sera relevé de 7% à 10%, ces hausses devant contribuer au financement du crédit d'impôt compétitivité emploi pour les entreprises. Le taux réduit appliqué aux produits de première nécessité restera à 5,5%.

Le taux normal couvre environ 55% des produits de l'indice des prix de l'Insee, dont la quasi-totalité des produits manufacturés, l'alcool et le tabac, l'énergie et un quart des services.

Le taux intermédiaire s'applique lui à près de 15% de l'indice, en particulier à certains services (restauration, travaux d'amélioration du logement, services de transport ou culturels) et à quelques biens comme les produits de santé non remboursés.

Dans l'hypothèse où les hausses des deux taux seraient intégralement répercutées sur les consommateurs, leur impact sur l'inflation serait légèrement inférieur à 0,6 point (un peu moins de 0,2 point pour le taux normal et de 0,4 point pour le taux intermédiaire) de pourcentage, soulignent les économistes.

TRANSMISSION PARTIELLE À L'INFLATION

Mais ils font valoir aussi, en étudiant les hausses intervenues ces dernières années dans d'autres pays européens, que le contexte de crise économique fait qu'elles n'ont été semble-t-il que partiellement transmises à l'inflation, les entreprises en absorbant une partie dans leurs marges.

Dans le cas français, ils notent que, en moyenne, les hausses de TVA intervenues depuis 1995 ont été répercutées à hauteur de 70% à 80% sur les prix TTC.

Les auteurs de l'étude ajoutent que les entreprises des secteurs à forte concurrence devraient elles intégrer dans leurs prix les baisses de coûts occasionnées par le CICE, ce qui devrait en partie compenser les hausses de TVA.

Pour ces raisons, ils estiment que l'impact effectif des hausses du 1er janvier "pourrait n'être que de 0,4 point de pourcentage d'inflation supplémentaire".

Ils prédisent enfin que l'ajustement devrait être rapide et "se concentrer sur le mois de janvier" et ce, pour trois raisons : les ajustements passés ont rarement dépassé un trimestre ; une proportion importante d'entreprises révisent leurs prix en début d'année ; la plupart des services, où l'ajustement est généralement plus lent, connaîtront cette fois une hausse de taux de TVA importante qui devrait les conduire à la répercuter plus rapidement.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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