La hausse de la taxe de séjour finalement reportée à 2015

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Le gouvernement a déposé un amendement pour supprimer cette mesure, pourtant déjà votée par l'Assemblée.

Une reculade de plus ou beaucoup de bruit pour rien, chacun interprétera la décision du gouvernement à sa manière. Celui-ci a déposé ce mardi un amendement au projet de loi rectificatif de Finances pour 2014 afin de repousser à l'année prochaine toute mesure concernant la taxe de séjour. Controversé, le projet visant à augmenter celle-ci passe donc à la trappe, au moins provisoirement. Alors même que l'Assemblée nationale avait d'ores et déjà voté un amendement... qui créait une hausse de cette taxe de séjour.

Cette nouvelle hausse ne devait concerner que les séjours en Île-de-France et s'élevait à deux euros par nuitée, afin de financer les transports en commun de la région. Le plafond de la taxe de séjour avait tout de même été relevé à huit euros -contre 1,5 euro auparavant- pour le reste de la France. Lorsqu'elle est annoncée, la mesure déclenche la fronde des hôteliers, qui fustigent notamment la contradiction entre cette annonce et les conclusions des Assises du Tourisme qui préconisaient de soutenir la compétitivité du secteur.

Contradictions au sein du gouvernement

Cette levée de boucliers de la part du secteur touristique n'est pas la seule raison de l'enterrement précoce de cette mesure. La hausse morte-née de la taxe de séjour est surtout due au cafouillage politique qui a entouré son annonce. Initialement voulue par Christian Eckert, secrétaire d'État au Budget, qui y voit une occasion de remplir facilement et rapidement les caisses publiques, elle est très vite fustigée par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, également en charge du Tourisme. Péremptoire, le numéro 2 du gouvernement affirme qu'il est «impératif de renoncer» à la hausse de la taxe de séjour.

Nouveau rebondissement lorsqu'Anne Hidalgo, fraîchement élue maire de Paris, défend à son tour la hausse de la taxe de séjour, qu'elle estime être «une mesure d'équilibre budgétaire et de justice sociale». Mais elle est rabrouée par le premier ministre puis le ministre des Finances, qui estiment l'un que la hausse est «trop importante», l'autre qu'elle était carrément «une erreur».

Les députés tentent alors de rattraper le coup et préconisent plutôt une augmentation ciblée, qui ne concernerait que les hôtels haut de gamme, tout en créant un nouvel échelon fiscal. Peine perdue, le gouvernement ne souhaite visiblement pas se lancer dans un bras de fer avec les riches propriétaires de palaces en pleine saison touristique. Et remise donc les débats au placard... jusqu'à l'automne, lors de l'ouverture des débats sur la loi de Finances 2015.

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  • s.lux le mercredi 16 juil 2014 à 02:03

    taxe un jour, taxe toujours