La Guinée vote sous haute sécurité

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(Actualisé avec Commission électorale, § 3) par Saliou Samb CONAKRY, 11 octobre (Reuters) - Les Guinéens se sont rendus dans le calme dimanche dans des bureaux de vote placés sous protection pour une élection présidentielle qu'abordait en favori le chef d'Etat sortant, Alpha Condé. En près de soixante ans d'indépendance, le scrutin de dimanche n'est que la deuxième élection libre organisée dans l'ancienne colonie française. Les violences liées à des tensions ethniques ont souvent perturbé les consultations électorales, y compris en 2010, quand Condé avait été porté au pouvoir après deux années de régime militaire brutal. Le dépouillement a débuté tard dimanche soir. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) doit diffuser les résultats sous 72 heures, soit d'ici mercredi soir. Mais un responsable a indiqué que l'issue provisoire du scrutin ne serait sans doute pas connu avant jeudi ou vendredi. Durant la campagne, sous le slogan "Le progrès est en marche", le président sortant, âgé de 77 ans, a promis de lancer d'importants projets d'infrastructures destinés à améliorer la distribution d'électricité s'il est élu pour un second quinquennat. Dimanche, les rues de la capitale, Conakry, étaient calmes après les violences de la semaine passée entre opposants, partisans du président Condé et forces de sécurité qui ont fait trois morts et une cinquantaine de blessés jeudi et vendredi à Conakry mais aussi à Kérouané et Kissidougou, dans le sud-est du pays. Des policiers en civil étaient de faction devant les écoles et les stations-services transformées en bureaux de vote tandis que les forces anti-émeutes avaient pris position aux carrefours. Accomplissant son devoir électoral dans son quartier de Boulbinet, Alpha Condé a renouvelé ses appels au calme. "J'espère que les choses se passeront bien parce que la Guinée a besoin de paix, la Guinée a besoin d'unité", a-t-il dit à la presse. Ses opposants avaient appelé à un report du scrutin, dénonçant des irrégularités. Mais Cellou Dalein Diallo a confirmé samedi soir qu'il participerait bien à l'élection présidentielle malgré le refus de la Cour constitutionnelle de reporter le scrutin, comme le réclamait l'opposition. Le principal opposant guinéen a précisé qu'il avait consulté son parti et ses alliés politiques avant de prendre la décision de maintenir sa candidature, tout en affirmant que pour lui le processus électoral était faussé. "Je suis pour la paix", a-t-il expliqué aux journalistes. "Il y un vrai risque de conflit mais il est lié à l'injustice et au refus de la CENI (commission électorale nationale) de créer les conditions d'une élection libre et transparente." (Guy Kerivel et Henri-Pierre André pour le service français)

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