La guerre entre clans explique les tirs de la Castellane

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LES TIRS CONTRE LA POLICE À LA CASTELLANE LE MOIS DERNIER LIÉS À LA GUERRE ENTRE CLANS
LES TIRS CONTRE LA POLICE À LA CASTELLANE LE MOIS DERNIER LIÉS À LA GUERRE ENTRE CLANS

PARIS (Reuters) - La lutte entre clans rivaux pour le contrôle d'un point de vente de drogue dans une cité de Marseille est à l'origine des coups de feu tirés en direction de policiers à la Castellane le mois dernier, quelques heures avant l'arrivée de Manuel Valls dans la ville.

Si la présence du Premier ministre le 9 février dans la deuxième ville de France n'est qu'une "fâcheuse coïncidence", la volonté d'affrontement à l'aide de kalachnikov dans la cité constitue une situation inédite à Marseille et vraisemblablement dans les banlieues françaises, a déclaré vendredi la police.

"C'est d'autant plus inédit que l'on se trouve en présence de trafiquants locaux qui font appel à des gens originaires des pays de l'Est pour une opération coup de poing destinée à mener une OPA sur un lieu de vente particulièrement rémunérateur", dit le directeur interrrégional adjoint de la PJ, Fabrice Gardon.

Ce recrutement étranger devait préserver la confidentialité sur l'opération par l'emploi d'une main d'œuvre moins onéreuse.

L'intervention des policiers a contraint les malfaiteurs à réagir dans la précipitation. Après avoir tiré en direction des forces de l'ordre, ils ont abandonné leurs armes et leurs tenues dans un appartement de la cité.

Le laboratoire de police scientifique a pu travailler sur 900 prélèvements biologiques, 700 traces papillaires et une centaine d'analyses de résidus de tirs.

Des éléments précieux qui ont été relevés sur les sept kalachnikov, les deux fusils à pompe et les deux revolvers 344 magnum saisis, mais aussi sur les sept kilos de drogue, les gilets pare-balles ou encore sur un important stock de munitions.

COMMANDO ARMÉ ET CAGOULÉ

L'enquête a permis l'interpellation de huit personnes parmi lesquelles figurent quatre Kosovars, dont une femme de 18 ans, et deux Français présentés comme les donneurs d'ordre.

Les ressortissants des pays de l'Est sont soupçonnés d'avoir fait partie du commando armé et cagoulé qui devait prendre possession du point de vente de la tour K de la cité de la Castellane, un ensemble abritant plus de 7.000 personnes qui est considéré comme le haut lieu du trafic de stupéfiants.

"La cité de la Castellane génère entre 40 et 50.000 euros par jour directement lié au trafic de stupéfiants", a expliqué le procureur de Marseille, Brice Robin, précisant que certains des membres de l'équipe ont été recrutés "dans un camp de réfugiés politique en Allemagne".

Cinq personnes ont été incarcérées après avoir été mises en examen pour tentative d'homicide volontaire sur personnes dépositaires de l'autorité publique, trafic de stupéfiants, acquisition d'armes et associations de malfaiteurs.

Trois autres, dont la femme, doivent être déférées devant un juge pour une probable mise en examen durant le week-end.

De nouvelles interpellations ne sont pas à exclure, notamment parmi ceux qui géraient le point de vente visé.

Une importante opération de police avait déjà été conduite en 2013 dans la tour K de la Castellane, conduisant à l'interpellation d'une vingtaine de personnes et à la saisie de 186 kg de drogue et de près de 1,4 million d'euros.

"Cette action avait considérablement affaibli l'équipe en place, créant des appétits d'une équipe concurrente qui a voulu passer à l'acte", résume Fabrice Gardon.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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