La guerre du ballon

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Il y a quelques années, un choc FC Barcelone – Bayern Munich aurait dû être le duel entre la virtuosité de l'école hollandaise et le pragmatisme de l'université allemande. Mais le choc de ce soir a largement dépassé les écoles nationales pour s'élever au rang de duel universel. Une guerre au nom d'un seul moyen : le contrôle du ballon. Alors que le Bayern et le Barça affichent respectivement 69,9% et 69,5% de moyenne de possession de balle, à quoi peut ressembler une guerre de possession sans vainqueur ? Au futur, peut-être. Ou à une conversation entre Guardiola et Bielsa, en 2051

Nous sommes en janvier 2051. Pep fête ses 80 ans en plein milieu de l'été argentin sur la terrasse de son ami Marcelo Bielsa. El Loco, 95 ans et demi, ne parle toujours pas français. Mais il est encore capable de préparer un bel asado traditionnel. Si le visage du Catalan a vieilli, sa silhouette est toujours aussi svelte. D'apparence, on pourrait croire à une volonté de cultiver des airs de dandy. Mais en réalité, Pep avance avec la même allure que ces philosophes dont les pensées obsessives font maigrir. Le visage creusé par les idées et les inventions, le Catalan reprend volontiers un long morceau de matambrito de cerdo, dont la tendresse lui fait intuitivement penser à la conduite de balle de Philip Lahm, comme ça. Marcelo, lui, est devenu énorme à la suite de son passage en Ligue 1, à force de bouffer les bêtises dites à son sujet dans le pays de Descartes. "Ils n'avaient vraiment rien compris, ces pauvres mangeurs de résultats ", soupire-t-il en parlant des Français, sans manquer de faire un sourire à son grand ami Steve Mandanda, 65 ans, également présent à table entre Xavi et Mascherano.

Après les abats viennent les chorizos, puis le poulet – courtoisie de Bielsa pour Mandanda – et enfin la viande rouge. C'est à ce moment-là, sous le soleil assommant de Rosario, que la conversation tombe sur le Barça-Bayern du 6 mai 2015. Bien droit dans son fauteuil roulant aux couleurs de Newell's, Marcelo fixe Pep dans les yeux et lui demande : "Flaco, dis-moi la vérité. Entre tes cinq Ligues des champions et le fait d'avoir gagné la possession de balle à ton Barça au Camp Nou, tu gardes quoi ?" Xavi, qui a toujours le vertige lorsqu'il repense à ce match lors duquel il a dû jouer à la maison "comme un putain d'Italien", se lève et fait signe d'aller aux toilettes. Mandanda, sélectionneur des Bleus, et Mascherano, qui entre-temps est devenu l'entraîneur le plus titré de la planète, attendent impatiemment la réponse du chauve. Essuyant le chimichurri collé à ses lèvres, Pep lâche : "Je ne sais pas, la verdad Mais 30 ans après, on en parle encore. Les Ligues des champions sont gagnées sur des détails. Mais ça, ça n'était pas un détail. Ça n'est plus jamais arrivé, d'ailleurs, si l'on oublie les "exploits" de la sélection du Qatar bien sûr "
Discours et possession
Le 6 mai 2015, c'est ce…




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