La grogne monte contre les nouvelles taxes

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Plusieurs dispositions, adoptées par les parlementaires et soutenues par le gouvernement, renforcent le sentiment actuel de ras-le-bol.

La grogne continue de monter sur l'épineuse question de la fiscalité. Alors que l'Assemblée nationale termine ce mardi l'examen de la partie «recettes» du projet de loi de finances pour 2014 et s'attelle à celui de la Sécu, les voix se multiplient pour s'élever contre les choix de l'exécutif. Des ménages aux entreprises, «le gouvernement a réussi à énerver tout le monde!», résume ainsi un industriel. Et même l'Afep, la très discrète association des entreprises privées (qui regroupe les cent plus grandes sociétés françaises), qui a décidé de dire publiquement tout le mal qu'elle pense de la politique conduite par le gouvernement. Un vrai changement car jusqu'à présent Bercy avait l'habitude de se confronter au Medef par le biais de son patron, Pierre Gattaz, qui a choisi la ligne dure dès son arrivée à la tête du mouvement patronal en juillet. Seulement voilà, trop c'est trop.

Poussé par plusieurs membres exaspérés - certains ayant le sentiment d'être instrumentalisés pour les besoins de communication du gouvernement ont même menacé de claquer la porte -, le très policé président de l'Afep est monté hier au créneau dans un entretien aux Échos, et cesans mâcher ses mots. «Les Français sont désorientés face au ras-le-bol fiscal. Les dirigeants d'entreprises disent exactement la même chose, a ainsi reconnu Pierre Pringuet, directeur général de Pernod Ricard. Il y a aujourd'hui un problème de compréhension de la politique économique qui est menée. Il y a trop de zigzags. Il y a une instabilité juridique forte. Tout cela nourrit immanquablement la défiance, qui peut conduire à l'exaspération.» Et cet ancien conseiller de Michel Rocard, pourtant catalogué à gauche, de réclamer à François Hollande «une stratégie et un cap clairs» car «la situation est grave» et surtout «l'heure n'est plus à l'habileté politique».

Incompréhension

Agir par «habileté politique»: voilà ce que les entreprises de toute taille reprochent aujourd'hui à l'exécutif - dont elles jugent en outre la parole peu crédible. Les mots sont durs et choisis. Ils traduisent la véritable incompréhension qui s'est installée depuis un an entre les deux mondes. Ces derniers mois, le gouvernement avait pourtant concocté une politique économique qu'il voulait pro entreprises. Il était fier d'avoir créé le crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE) qui allégera en 2014 de 10 milliards les charges des entreprises - mesure financée notamment par la hausse de la TVA - et de 20 milliards par an dès 2015. «S'il ne doit rester qu'une réforme économique à la fin du quinquennat, ce sera celle-là», se félicite-t-on à Bercy.

Seulement voilà, la taxe sur l'excédent brut d'exploitation (EBE), que le gouvernement voulait inclure dans son budget 2014, est venue brouiller ce beau message bien huilé. Face à la grogne des dirigeants - pour qui cette mesure serait un frein à l'investissement, nécessaire pour faire repartir la croissance -, elle a été transformée au cours de la discussion par une taxe sur l'excédent net d'exploitation (ENE). Puis en une surtaxe sur l'IS (portée à 10,7 % du résultat, contre 5 % actuellement) via un amendement adopté par les députés en fin de semaine dernière. Ce que les représentants patronaux ont accepté à condition qu'elle soit temporaire et que la réflexion prévue au printemps prochain lors des Assises de la fiscalité aboutisse à ramener le niveau d'imposition des entreprises françaises à la moyenne européenne. Reste que les députés de la majorité ne l'entendent pas de cette oreille... Vendredi, ils ont adopté plusieurs amendements «anti-entreprises» pour récupérer le milliard d'euros qu'ils ont redonné aux ménages les plus modestes en pouvoir d'achat.

«Le vrai problème, c'est la majorité»

L'un d'eux concerne notamment le régime des plus-values de cession et prévoit d'interdire le cumul des avantages du dispositif Madelin avec des abattements décidés lors des Assises de l'entrepreneuriat au printemps. La raison? Pour le rapporteur de la commission des finances, Christian Eckert, les entrepreneurs réclament «le beurre et l'argent du beurre».

Pour un dirigeant proche de l'exécutif, «le vrai problème, c'est la majorité. Beaucoup de députés ont encore une vision très punitive de la fiscalité sur les entreprises. Que certains cherchent à détricoter les promesses faites par Hollande a un effet terrible». Notamment sur les «pigeons» qui sont en train de se réactiver après plusieurs semaines d'atonie... Et la grogne risque bien de ne pas s'étioler.

Les budgets sociaux, dont celui de la Sécu examiné à partir d'aujourd'hui, prévoient 6,3 milliards de nouveaux prélèvements sur les ménages et les entreprises. Le gros de l'enveloppe est constitué de hausses des cotisations retraite.

Mais la mesure que personne n'avait vu venir, c'est l'uniformisation du taux de prélèvements sociaux à 15,5 % pour les produits de placement (PEA, PEL, assurance-vie), qui rapportera 600 millions. Une mauvaise surprise cette fois-ci pour les épargnants...

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  • crcri87 le jeudi 24 oct 2013 à 23:05

    Bien que n'étant pas de tendance FN je voterai FN aux municipales : ils vont tous pi..er de trouille !!

  • crcri87 le jeudi 24 oct 2013 à 23:03

    Alors où sont-ils les excités contre le mariage pour tous ? C'est maintenant qu'il faut agir sur des problèmes réeels et importants

  • s.thual le jeudi 24 oct 2013 à 14:28

    le pea était destine a soutenir l invest industrie commerce ,,,le pel destine a soutenir l invest logement !,,ces pauvres types font l inverse en augmentant les taxes,,ca c est aider a la relance !

  • ricquecl le jeudi 24 oct 2013 à 13:01

    Le PS dehors il faut les faire partir par tous les moyens

  • my2cents le jeudi 24 oct 2013 à 11:12

    Lu dans la presse belge, les français majoritaires comme population étrangère à Bruxelles. A Uccle quartier très chic 1000 français de plus l'année dernière. Capacité d'achat pour de l'immobilier entre 1000 KE et 1500 KE d'après les agents immobiliers. Faites le calcul entre 1 milliard et 1,5 milliards investis en belgique, sans compter la perte en impôts, consommations, TVA etc ....

  • roulio86 le mardi 22 oct 2013 à 12:26

    1789 2013 tous à la bastille....

  • rhaag le mardi 22 oct 2013 à 12:17

    il faut reprendre la bastille, aux armes citoyens !

  • rleonard le mardi 22 oct 2013 à 11:11

    entre les deputes et les senateurs, c'est 925 nantis qui bénéficient de privilèges indécents. baisse de 1000€ par mois = 11 millions d'economies par an. il y en a des moyens de montrer l'exemple !!! et si on pouvait chiffrer le cout des véhicules de fonction a tous les niveaux, des mairies jusqu'à l'atat, je crois que cela donnerait le vertige

  • ttini le mardi 22 oct 2013 à 10:27

    la mort de la France, tous ces technocrates fonctionnaires pantouflards et incompétents de gauche et droite.

  • ttini le mardi 22 oct 2013 à 10:06

    Je ne comprends plus cette entreprise de destruction basée sur l'asphyxie fiscale à tous les niveaux.