La grève à la SNCF reconduite, le gouvernement inflexible

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PARIS (Reuters) - Manuel Valls a pressé lundi les cheminots de la CGT et de Sud-Rail, qui ont reconduit leur grève pour 24 heures, de mettre un terme à un mouvement dont "personne ne comprend le sens" et a de nouveau exclu tout report de la réforme ferroviaire.

Le trafic ferroviaire restait perturbé lundi, premier jour des épreuves du baccalauréat pour près de 687.000 candidats pour lesquels la SNCF a mis en place une assistance spécifique afin qu'ils ne pâtissent pas de retards ou d'annulations éventuels.

Le taux de participation à la grève était de 14,08% lundi, en baisse de plus de trois points par rapport à vendredi et, selon le ministre de l'Education Benoît Hamon, il n'y a "pas plus de retardaires (au Bac) que lors d'une année sans grève".

"Cette grève, personne n'en comprend le sens : les usagers, les jeunes (...), l'opinion, les Français", a déclaré le Premier ministre après avoir reçu les partenaires sociaux en vue de la conférence sociale de juillet.

"Nous sommes disponibles pour avancer mais personne ne peut mettre en doute et en cause la très grande fermeté du gouvernement à mener sur ce sujet comme sur d'autres les réformes qui sont nécessaires", a-t-il ajouté.

Mais Julien Troccaz, délégué Sud-Rail, a annoncé lundi que la grève avait été reconduite pour une septième journée.

"Toutes les assemblées générales qui se sont tenues ont confirmé la reconduction", a-t-il dit à Reuters.

Manuel Valls refuse, comme le réclament la CGT et Sud-Rail, de reporter l'examen du projet de réforme ferroviaire, qui débute mardi à l'Assemblée nationale, et a fait valoir que le texte pouvait encore être amélioré par le biais d'amendements.

Pour la première fois depuis le début de la grève, la CGT-Cheminots et Sud-Rail ont demandé à être reçus lundi matin par la direction de la SNCF pour évoquer "divers aspects de la politique sociale" (augmentations salariales, temps de travail, embauches...), annonce l'entreprise dans un communiqué.

La direction "s'étonne que ces questions qui relèvent de la vie courante de l'entreprise, et non du projet de loi, soient aujourd'hui mises en exergue pour prolonger le mouvement de grève".

UN COÛT DE 80 À 100 MILLIONS D'EUROS

Le gouvernement mise sur l'essoufflement du mouvement et sur la division syndicale.

"Cette grève est inutile et quand on mène une grève inutile, qui bloque des millions de personnes, y compris des jeunes qui vont passer le bac, je pense ça ne pas grandit le syndicalisme", a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, à l'issue de la rencontre avec Manuel Valls, estimant que les concertations avaient eu lieu en amont.

Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d'avant 1997, soit un seul établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d'euros par l'Etat.

Le projet de loi prévoit la création d'un groupe public industriel intégré nommé "SNCF" qui chapeauterait "SNCF Réseau", le gestionnaire d'infrastructure - l'actuel Réseau ferré de France (RFF) - et "SNCF Mobilités", qui exploitera les trains.

Sud-Rail, troisième plus gros syndicat à la SNCF après la CGT et l'Unsa, accuse le gouvernement d'ignorer les syndicats.

Marie-Laurence Bertrand, secrétaire de la CGT, a dénoncé le procès en irresponsabilité instruit par le gouvernement.

"Notre responsabilité, c'est d'entendre les salariés et, croyez-moi, on va la tenir", a-t-elle dit à Matignon. "On a des assemblées générales massives au cours desquelles les salariés s'expriment de façon très claire."

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a évalué lundi sur RMC le coût de la grève à "entre 80 et 100 millions d'euros".

ACTES DE BLOCAGE

Il s'est engagé à indemniser les usagers : une réduction d'au moins 20% sera consentie en juillet sur les abonnements. Elle pourrait être de 33% si la grève venait à durer.

Guillaume Pepy, comme Manuel Valls et Frédéric Cuvillier, ont dénoncé des actes de blocage de la part de grévistes "qui n'ont rien à voir avec le droit de grève".

"Il y a eu des occupations d'aiguillage, des incendies volontaires, des trains bloqués à la sortie des dépôts", a dit le secrétaire d'Etat aux Transports sur France Inter.

La SNCF a signalé un incendie à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), des blocages de voies à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) ainsi que des actions en Auvergne.

Les députés UMP ont fait savoir qu'ils voteraient contre le projet de réforme, mais Luc Chatel, qui prend ses fonctions de secrétaire général intérimaire de l'UMP lundi, est allé plus loin en demandant le retrait d'un "mauvais" texte.

"Le gouvernement, à mon sens, vu l'état de la situation, vu qu'il s'agit d'un texte qui va dans la mauvaise direction, qui est un retour en arrière (...) aurait intérêt à retirer ce texte", a commenté l'ancien ministre de l'Education sur RTL.

Une position "irresponsable" pour Manuel Valls.

Le député UMP Xavier Bertrand a marqué ses distances avec Luc Chatel, précisant sur BFM TV et RMC qu'il ne voterait pas contre ce texte. "Il est hors de question que je me retrouve dans le camp des jusqu'au-boutistes qui font grève".

Un peu plus d'un TGV sur deux devaient circuler lundi avec un service normal sur les lignes internationales, deux TGV sur trois sur l'axe Est, un sur deux sur les Nord et Atlantique et un sur trois sur l'axe Sud-Est et de province à province.

Les liaisons Intercités et TER sont un peu plus touchées avec 40% du service assuré pour les premières et 50% pour les secondes. En Ile-de-France, quatre trains sur dix rouleront.

(Sophie Louet, avec Emmanuel Jarry et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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  • M8589793 le lundi 16 juin 2014 à 15:36

    Autant d'incivisme de la part des grévistes méritent la taule. Autant d'incohérence gouvernementale et présidentielle mérite démisssion et dissolution.Mais nous ne sommes plus en démocracie.

  • dhote le lundi 16 juin 2014 à 15:24

    Je suppose que le célèbre psdi comprend et approuve ce mouvement!!!

  • M4426670 le lundi 16 juin 2014 à 15:23

    Pendant ce temps là, les contribuables continuent de payer......

  • M4426670 le lundi 16 juin 2014 à 15:22

    Il faut dire que le "droite" est occupée à trouver une panoplie de "grand chef"!! Quand elle aura trouvé, il n'y aura plus de troupes à "encarter"! Mais il y aura un "chef"! Pas belle, la vie en France????!!!!

  • M4426670 le lundi 16 juin 2014 à 15:21

    La CGT et Sur Rail vont casser le "gouvernement" ou l'inverse! La "gauche" casse la "gauche"! Pas belle, la vie???!

  • M4426670 le lundi 16 juin 2014 à 15:19

    Les AG, on sait ce que cela vaut chez Sud Rail et la CGT..... Les gros bras sont aussi présents.....

  • M9244933 le lundi 16 juin 2014 à 14:22

    Non seulement ils sabotent le pays mais en plus ils sabotent leur matériel au sens propre. Espérons que pour une fois le gouvernement résiste à la folie de ces individus irresponsables.

  • fgino le lundi 16 juin 2014 à 11:45

    il faut dissoudre la CGT !!! comme Valls a dissous les groupuscules d'extrême droite qui faisaient bien moins de mal à la France, que la CGT depuis 30ans !!

  • M4484897 le lundi 16 juin 2014 à 11:33

    savent 'ils ce qu'est le "SERVICE PUBLIC" dont ils se réclament mais qu'ils ne cessent de dévaloriser la simple notion! dehors les charlots et privatisons cette entreprise çà bouchera peut être un trou de la dette mais pour cela il faudrait aussi un investisseur suicidaire

  • M4888303 le lundi 16 juin 2014 à 11:19

    Si hollande et Vals avaient eu des cou...es (ça se saurait!) ils auraient réquisitionné les grèviste pendant la durée des épreuves du BAC !(cause Nationale!!!!!)