La grève à la SNCF lui coûte au moins 250 millions d'euros-Pepy

le , mis à jour à 12:32
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 (Actualisé avec Sud-Rail) 
    PARIS, 22 juin (Reuters) - La grève à la SNCF a coûté à ce 
jour au moins 250 millions d'euros à l'entreprise publique, a 
déclaré mercredi son président, Guillaume Pepy, lors d'une 
rencontre avec l'Association des journalistes économiques et 
financiers (AJEF). 
    Le 7 juin, il avait parlé d'un coût supérieur à 300 millions 
d'euros ( ). Un chiffre qu'il n'a pas renié mercredi. 
    "Le chiffre d'aujourd'hui, c'est plus de 250 millions. Il 
est à craindre que ça puisse atteindre 300 millions d'euros", 
a-t-il déclaré. 
    Au total, il y a eu ces dernières semaines 23 jours de grève 
à la SNCF, à l'appel essentiellement de la CGT cheminots et de 
Sud-Rail, qui ont fait des négociations sur un nouveau cadre 
social pour l'entreprise un élément du bras de fer avec le 
gouvernement sur le projet de loi Travail. 
    Sud-Rail a annoncé mercredi par communiqué qu'il faisait 
valoir son droit d'opposition à cet accord d'entreprise, 
appelant d'autres syndicats à faire de même pour le torpiller. 
    La CGT, dont le positionnement sera crucial, n'a pas encore 
fait connaître sa décision sur ce point. 
    Le montant de 250 millions d'euros, "c'est un montant 
absolument énorme, qui va peser évidemment sur la capacité  de 
la SNCF à investir et sur ses résultats", a estimé Guillaume 
Pepy. 
    Sur ce chiffre, l'essentiel est constitué par 190 millions 
d'euros de perte de chiffre d'affaires, à quoi s'ajoutent des 
remboursements d'abonnement et des pénalités payées aux clients, 
a précisé le président de la SNCF. 
    Ces chiffres ne comprennent pas les remboursements demandés 
par environ 20.000 clients, d'éventuelles pénalités demandées 
par les régions, et un effet "halo" sur le fret, c'est-à-dire un 
certain nombre de clients jugeant que le transport ferroviaire 
n'est pas suffisamment fiable, a-t-il ajouté.  
    "Il y a sans doute quelques dizaines de millions d'euros qui 
vont se décider dans les mois à venir", a-t-il souligné. 
    Il a en revanche estimé que la SNCF, transporteur officiel 
de l'Euro de football 2016 qui a commencé le 10 juin, en plein 
mouvement de contestation du projet de loi Travail, avait été 
jusqu'ici quasiment un "sans faute". 
    La SNCF a aidé à transporter à ce jour quelque 3,5 millions 
de supporters, dont 1,5 million pour les stades et deux millions 
pour les "fan zones", grâce notamment à l'affrètement de 650 
TGV, a précisé Guillaume Pepy. 
    Sur ce nombre, un seul TGV est arrivé en retard et ses 
passagers ont raté une vingtaine de minutes du match qu'ils 
allaient voir, a-t-il fait valoir. 
    L'interdiction d'alcool à bord des trains a permis qu'il n'y 
ait aucun incident à bord, a ajouté le président de la SNCF. 
    "Il faut continuer, il y a encore un tiers de matches à 
jouer", a-t-il conclu. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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