La grève à la SNCF entre dans sa deuxième semaine

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LA GRÈVE À LA SNCF ENTRE DANS SA DEUXIÈME SEMAINE
LA GRÈVE À LA SNCF ENTRE DANS SA DEUXIÈME SEMAINE

PARIS (Reuters) - La grève à la SNCF est entrée mercredi dans sa deuxième semaine sans l'indice d'une sortie de crise, alors que les députés poursuivaient l'examen du projet de réforme ferroviaire contesté par la CGT et Sud-Rail.

Le taux de grévistes, dont certains se radicalisent, est tombé à 11,8%, une baisse de 2,2 points par rapport à mardi et de 16 points par rapport au premier jour de grève, le 10 juin, précise la direction de la SNCF. La grève sera reconduite jeudi, a-t-on appris de source syndicale.

Selon l'entreprise, le mouvement social lui a déjà coûté 141 millions d'euros à raison de 12 millions d'euros par jour de grève auxquels s'ajoute le montant des mesures comme les remboursements estimé pour l'heure à 45 millions d'euros.

Pour jeudi, la SNCF a annoncé une augmentation continue du trafic. Neuf TGV sur dix circuleront sur l'axe Est, trois sur quatre sur l'axe Nord, sept sur dix sur l'axe Atlantique, un sur deux sur l'axe Sud-Est et quatre sur dix sur les relations province-province.

Sur le réseau Intercités, plus d'un train sur deux est prévu en moyenne et deux sur trois sur le réseau TER, à l'exception de la Bretagne où le trafic est revenu à la normale. Près de deux trains sur trois circuleront en Ile-de-France.

Le Premier ministre Manuel Valls défend une réforme "indispensable" et condamne une grève inutile tout en réaffirmant que le gouvernement est ouvert au dialogue.

"Ce gouvernement fait semblant parfois de comprendre ce qu'on lui dit, mais en bout de course, quand on regarde le projet de loi tel qu'il est déposé à l'Assemblée nationale, quand on regarde les propositions qu'on a pu faire, on s'aperçoit que pratiquement aucune de nos propositions n'a été prise en compte", a dit mercredi Thierry Lepaon sur France Inter.

LA CGT APPELLE À DES NÉGOCIATIONS

"Tout a été fait de notre côté pour éviter ce conflit auquel nous avons dû recourir. Comment on en sort? On en sort par la négociation, c'est la seule solution", a ajouté le secrétaire général de la CGT, appelant à des négociations "véritables" avec la direction de la SNCF et l'Etat.

Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d'avant 1997, soit un seul établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d'euros par l'Etat.

Le projet de loi prévoit la création d'un groupe public industriel intégré nommé "SNCF" qui chapeauterait "SNCF Réseau", le gestionnaire d'infrastructure - l'actuel Réseau ferré de France (RFF) - et "SNCF Mobilités", qui exploitera les trains.

Quant aux revendications "sociales" des syndicats du rail (augmentations salariales, emploi, etc...), la direction de la SNCF les juge "hors sujet".

Les grévistes comptent poursuivre la mobilisation au moins jusqu'à la fin de la semaine.

La FGAAC-CFDT, syndicat des conducteurs de trains, dénonce dans un communiqué des "actes graves" envers des agents de conduite non grévistes. Des grévistes ont bloqué des trains dans le Sud-Ouest, notamment à Perpignan et Béziers.

"La stigmatisation des non-grévistes (ultra majoritaires) dans l'entreprise n'a que trop duré, et certaines limites ont été dépassées", déclare le syndicat.

L'examen du projet de réforme, qui entrera en vigueur en 2015, doit prendre fin jeudi soir.

L'Assemblée se prononcera le 24 juin par un vote solennel et le Sénat devrait l'examiner à son tour en juillet.

La réforme est soutenue par les socialistes, les radicaux de gauche et les écologistes. Le Front de gauche, opposé au texte en l'état, défendra une soixantaine d'amendements. L'opposition de droite est pour sa part divisée.

Parmi les amendements attendus figurent ceux présentés par le groupe Front de gauche, fruits d'une négociation entre le gouvernement et les syndicats, comme celui qui prévoit la création d'un comité central d'entreprise commun à toutes les filiales du futur groupe SNCF ou bien encore celui qui assure aux futurs salariés de bénéficier du statut de cheminot.

(Sophie Louet avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le jeudi 19 juin 2014 à 10:07

    Touchez pas à mes énormes avantages que m’ont octroyé la Droite et la Gauche, par démagogie, et ce, pendant des décennies !...le V-ER est dans le fruit, qui, tombé de sa branche, se flé//tri et pou//rri jour après jour !...Vivement que le FMI et l’UE prennent sérieusement les choses en main !...

  • aiki41 le mercredi 18 juin 2014 à 18:54

    j'espère qu'ils n'auront pas l'indécence de réclamer la paie de leurs jours de grève !!!

  • manx750 le mercredi 18 juin 2014 à 18:46

    Les agents de la SNCF aurait mieux fait de faire grève pendant l'occupation ! Ils auraient ainsi évité de conduire des milliers de trains de déportés vers les camps (source : musée de la Schoah)

  • manx750 le mercredi 18 juin 2014 à 18:44

    " Français, galérez dans leas gares, vous nous faites bien marrer avec vos problèmes quotidiens de pauvres boeufs salariés miteux !"tweet de François Hollande ds les salons de l'Elysee, se gavant de peits fours et champagne avec ses invités lors du match de foot France-H !

  • YTRAM le mercredi 18 juin 2014 à 14:58

    Merci à nos monopolisateurs des services publics qui démontrent leur mépris des monopolises et qu'ils veulent nous faire croire qu'ils ont en plus le monopole de la sécurité alors que les autres transports maritimes,aériens ,autobus sont prives et plus sûrs . Merci de se déconsidérer et ainsi démontrer qu'un monopole quel qui soit est mauvais vive la concurrence

  • jbellet le mercredi 18 juin 2014 à 11:20

    il faut faire payer les casseurs de la cgt et supprimer ces regimes d'un autres temps

  • M2723293 le mercredi 18 juin 2014 à 11:19

    Dire que la réforme de la SNCF va casser le service public, c'est considérer que le service actuel est de qualité.Les usagers peuvent apprécier.Une bonne mise en concurrence serait révélatrice de ce que l'on peut faire avec moins de moyens

  • M940878 le mercredi 18 juin 2014 à 11:02

    à quand la suppression des régimes spéciaux ?

  • lorant21 le mercredi 18 juin 2014 à 10:56

    c'est fini vendredi.. après quelques actes de vandalisme de certains agents de la SNCF. Comme à toutes les grèves.

  • zoila5 le mercredi 18 juin 2014 à 10:53

    "Le droit de grève est un droit constitutionnel..." bla bla bla... sauf que toute loi a des exceptions voir l'armée... la SNCF appartient à l'état donc aux français mais pas à sud-rail ni à la CGT... ils restent nos employés... la majorité doit gouverner, pas les minorités qui ne défendent pas l'intérêt général...