La Grèce veut une fin rapide à l'examen de ses réformes

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 (Actualisé avec reprise des discussions, contexte, réaction 
allemande) 
    ATHENES, 4 avril (Reuters) - L'examen en cours du programme 
de réformes de la Grèce par ses créanciers internationaux doit 
être conclu sans délai, ont déclaré lundi les services du 
Premier ministre Alexis Tsipras, alors que les discussions ont 
repris dans un contexte tendu après des fuites mettant en cause 
le Fonds monétaire international (FMI). 
    Athènes espère que la "revue" de ses performances 
budgétaires et de ses réformes par ses créanciers se soldera par 
un avis favorable, indispensable pour débloquer des aides 
estimées à cinq milliards d'euros et pour espérer ouvrir des 
négociations sur un allégement de la dette publique.  
    Les nouvelles aides sont nécessaires pour que l'Etat grec 
puisse rembourser des prêts du FMI et des obligations arrivant à 
échéance tout en continuant de financer les dépenses publiques.  
    Elles s'inscrivent dans le cadre du troisième plan d'aide 
international à la Grèce, conclu l'été dernier et d'un montant 
susceptible d'atteindre 86 milliards d'euros. Depuis, Athènes a 
reçu 21,4 milliards sur le montant total de 26 milliards prévu 
pour la première tranche du plan.  
    L'examen des réformes a été reporté à deux reprises depuis 
janvier en raison d'un désaccord entre les créanciers sur 
l'estimation chiffrée des comptes publics en 2018 et de 
divergences de vues avec Athènes sur une réforme des retraites 
et sur la gestion des créances douteuses. 
     
    ATHÈNES MET EN GARDE CONTRE DES "EXIGENCES IRRÉALISTES" 
    "La négociation doit être conclue immédiatement, sans 
exigences irréalistes de mesures supplémentaires au-delà de 
celles déjà prévues par l'accord de juillet", a déclaré le 
bureau du Premier ministre grec. 
    Le site WikiLeaks a divulgué samedi la transcription d'une 
conférence téléphonique du 19 mars entre trois responsables du 
FMI suggérant que le fonds pourrait menacer de ne pas participer 
au troisième plan de sauvetage de la Grèce afin de contraindre 
les pays de la zone euro à accepter un nouvel allègement de la 
dette grecque. 
    Alexis Tsipras y a vu pour sa part une pression exercée sur 
son gouvernement pour qu'il accepte les exigences de ses 
créanciers. 
    Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a démenti 
dimanche de telles manoeuvres et assuré que son organisation ne 
cherchait pas à pousser Athènes vers un défaut de paiement, 
ajoutant que lui prêter de telles intentions était "tout 
simplement absurde". 
    "C'est en effet absurde, ce que nous devons éviter", a dit 
lundi le bureau du Premier ministre grec.  
    A Berlin, un porte-parole du ministère allemand des Finances 
a déclaré qu'il était toujours prévu que la revue s'achève fin 
avril ou début mai, avant d'écarter une nouvelle fois 
l'hypothèse d'une décote sur le montant de la dette grecque.  
    "Une décote sur la dette n'est pas en débat en ce moment", a 
dit Martin Jäger.  
    Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, devait 
s'entretenir lundi avec les représentants de la Commission 
européenne, de la Banque centrale européenne, du Mécanisme 
européen de stabilité et du FMI dans un hôtel du centre 
d'Athènes.  
 
 (Renee Maltezou et Lefteris Papadimas, avec Joseph Nasr et Paul 
Carrel à Berlin; Véronique Tison et Marc Angrand pour le service 
français, édité par Bertrand Boucey) 
 
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