La Grèce va lancer un rachat volontaire de dette

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LE RACHAT PAR LA GRÈCE D'UNE PARTIE DE SA DETTE PUBLIQUE SE FERA SUR UNE BASE VOLONTAIRE
LE RACHAT PAR LA GRÈCE D'UNE PARTIE DE SA DETTE PUBLIQUE SE FERA SUR UNE BASE VOLONTAIRE

par Lefteris Papadimas et Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - Le plan de rachat par la Grèce d'une partie de sa dette publique - un élément clé du dernier plan de sauvetage du pays - se fera sur une base volontaire, mais il se doit d'être un succès, a déclaré mercredi le ministre des Finances Yannis Stournaras.

Lors de sa première grande conférence de presse depuis l'accord signé dans la nuit de lundi à mardi en vue d'alléger la dette publique de 40 milliards d'euros, le ministre a indiqué que l'offre serait attractive pour les détenteurs d'obligations.

Il n'a donné aucune précision sur les termes de l'offre.

"Le rachat doit être un succès. Il y va de notre devoir patriotique, c'est important pour la crédibilité de notre pays", a-t-il dit.

Athènes doit mener à bien l'opération d'ici au 13 décembre, avant de recevoir plus de 30 milliards d'euros d'aide - actuellement bloqués - de la part de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI)

Selon des responsables du ministère, la Grèce pourrait dépenser une dizaine de milliards d'euros du fonds de secours FESF (Fonds européen de stabilité financière), ce qui lui permettrait de racheter environ 30 milliards d'euros de dette, réduisant ainsi ses engagements d'environ 20 milliards.

La Grèce a mandaté Deutsche Bank et Morgan Stanley pour diriger l'opération, a indiqué à Reuters une source haut placée au ministère des Finances.

Mais des analystes du secteur privé s'interrogent sur la capacité du gouvernement à attirer suffisamment de détenteurs d'obligations pour répondre à ses objectifs, ainsi que sur les modalités de financement de cette opération de rachat.

PRIX ATTRACTIF

La crainte de voir un tel rachat imposé aux banques grecques, dans des conditions douloureuses, a fait chuter les valeurs bancaires à la Bourse d'Athènes mardi et mercredi. L'indice du secteur a cédé plus de 8% en clôture.

L'essentiel des fonds propres des banques grecques ont été effacés et elles sont menacées de nationalisation si elles n'arrivent pas a attirer des investisseurs privés qui assurent moins 10% de leurs besoins de recapitalisation.

Yannis Stournaras a cherché à calmer leurs inquiétudes en soulignant que le plan de rachat était optionnel et se ferait à des conditions attractives pour les investisseurs.

L'Union européenne et le FMI ont prévenu qu'ils ne débloqueraient pas la nouvelle tranche d'aide promise avant d'avoir vu les résultats de l'opération de rachat. Ils n'ont cependant pas fixé d'objectif en la matière.

L'agence de gestion de la dette grecque doit publier les documents invitant les investisseurs au début de la semaine prochaine, peut-être dès lundi.

Selon une source proche des discussions entre bailleurs de fonds, un objectif de rachat à 35 cents pour chaque euro de dette a été fixé. A ce prix, l'opération apparaît très intéressante pour les fonds spéculatifs ("hedge funds") qui ont racheté la dette grecque à prix bradés. Selon un responsable du ministre des Finances grec, les "hedge funds" pourraient détenir jusqu'à 25 milliards d'euros d'obligations souveraines du pays.

Lefteris Papadimas, Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • NYORKER le mercredi 28 nov 2012 à 20:06

    "Il y va de notre devoir patriotique, c'est important pour la crédibilité de notre pays" Et les armateurs grecques, ils battent pavillons grecques ou les iles Caïmans ou autres ? et où sont placés leurs capitaux, en Grèce ??? pas du tout ! bien planqués dans les paradis fiscaux ! du patriotisme à géométrie variable

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