La Grèce va demander une aide prolongée, Berlin résiste

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LA GRÈCE VA DEMANDER UNE AIDE PROLONGÉE, CE QUE BERLIN REFUSE
LA GRÈCE VA DEMANDER UNE AIDE PROLONGÉE, CE QUE BERLIN REFUSE

par George Georgiopoulos et John O'Donnell

ATHENES/FRANCFORT (Reuters) - La Grèce va demander à ses partenaires de la zone euro une prolongation pour une durée de six mois d'un "accord de prêt", bien que l'Allemagne assure qu'aucune solution de ce type ne soit envisagée et exige le respect par Athènes des termes du programme d'aide existant.

L'initiative grecque, confirmée par un porte-parole du gouvernement, reflète la volonté du nouveau Premier ministre Alexis Tsipras d'opérer une distinction entre l'aide financière et les conditions qui lui ont été associées jusqu'à présent.

La demande, qui sera adressée mercredi, vise à garantir une bouée de sauvetage financière à la Grèce, le temps de conclure un nouvel accord sur sa dette, sans mettre en oeuvre les politiques d'austérité exigées en retour par les créanciers réunis au sein de la "troïka" (Commission européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne).

On ignore toutefois si les 18 autres pays de la zone euro, qui ont rejeté cette formule lors d'une réunion de l'Eurogroupe lundi, considéreront cette fois que le geste grec est suffisant pour reprendre des négociations. Un porte-parole de l'Eurogroupe a dit qu'aucune demande ne lui avait été adressée pour l'instant.

Dès mardi soir, le ministre allemand des Finances a écarté un marchandage de ce type. "Il ne s'agit pas de prolonger un programme de crédit mais de savoir si le plan d'aide actuel sera bouclé, oui ou non", a dit Wolfgang Schäuble, un conservateur, à la chaîne de télévision allemande ZDF.

"LE PROGRAMME EST MORT LE 25 JANVIER"

Son homologue de l'Economie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a en revanche interprété mercredi le geste du gouvernement grec comme une volonté de négocier.

Le porte-parole du gouvernement grec, Gabriel Sakellaridis, a souligné que la requête transmise mercredi ne porterait que sur la question de la dette, alors que l'Eurogroupe a donné jusqu'à vendredi à la Grèce pour solliciter une prolongation du programme lui-même, qui expire le 28 février.

"Attendons aujourd'hui qu'une demande de prolongation du contrat de prêt soit soumise par le ministre des Finances (Yanis) Varoufakis", a-t-il dit en réponse à la question de savoir si cette requête reprenait le projet initial rejeté lundi.

"Les délibérations se poursuivent pour trouver un terrain d'entente, nous voulons croire que nous sommes sur la bonne voie", a-t-il ajouté. "Nous ne céderons pas sur certains points que nous considérons comme des lignes rouges. Le programme (d'aide) est mort le 25 janvier."

Ce jour-là, cinq ans après le déclenchement de la crise de la dette, les Grecs ont porté au pouvoir le parti Syriza, qui a promis de tourner la page du programme d'aide de 240 milliards d'euros, de revenir sur les mesures d'austérité et de libéralisation de l'économie mises en oeuvre dans ce cadre et de cesser toute coopération avec la "troïka", honnie par une partie de la population.

Malgré l'opposition allemande, le marché obligataire a bien réagi aux déclarations grecques, comme en témoignaient la baisse des rendements des obligations d'Etat grecques et d'autres pays de la zone euro mal notés.

Sans aide financière, la Grèce pourrait rapidement se retrouver à court d'argent car elle va être confrontée dès mars à des échéances de remboursement de créances du FMI. Une telle situation pourrait la contraindre à sortir de la zone euro.

"PHASE CRUCIALE"

Alexis Tsipras a jugé mercredi que les négociations étaient entrées dans une "phase cruciale". Lors d'une rencontre avec le président grec, Karolos Papoulias, il a assuré que l'hostilité de son gouvernement aux politiques d'austérité était de plus en plus partagée en Europe.

"Il y a eu des manifestations à travers l'Europe pour soutenir les initiatives prises par la Grèce et nous sommes parvenus pour la première fois via des contacts avec des diirgeants étrangers à susciter une position favorable à l'égard de nos demandes", a dit le Premier ministre grec.

Mardi, devant les parlementaires de Syriza, Alexis Tsipras a affiché sa détermination à appliquer le programme pour lequel il a été élu. Il a notamment annoncé une accélération des travaux parlementaires sur l'annulation des mesures de libéralisation du marché du travail prises par son prédécesseur conservateur.

L'Allemagne, soutenue par d'autres pays, exerce des pressions à un autre niveau que politique.

Selon des sources au fait de la situation, la Bundesbank n'est pas favorable à ce que la BCE augmente la fourniture

par George Georgiopoulos et John O'Donnell

ATHENES/FRANCFORT (Reuters) - La Grèce va demander à ses partenaires de la zone euro une prolongation pour une durée de six mois d'un "accord de prêt", bien que l'Allemagne assure qu'aucune solution de ce type ne soit envisagée et exige le respect par Athènes des termes du programme d'aide existant.

L'initiative grecque, confirmée par un porte-parole du gouvernement, reflète la volonté du nouveau Premier ministre Alexis Tsipras d'opérer une distinction entre l'aide financière et les conditions qui lui ont été associées jusqu'à présent.

La demande, qui sera adressée mercredi, vise à garantir une bouée de sauvetage financière à la Grèce, le temps de conclure un nouvel accord sur sa dette, sans mettre en oeuvre les politiques d'austérité exigées en retour par les créanciers réunis au sein de la "troïka" (Commission européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne).

On ignore toutefois si les 18 autres pays de la zone euro, qui ont rejeté cette formule lors d'une réunion de l'Eurogroupe lundi, considéreront cette fois que le geste grec est suffisant pour reprendre des négociations. Un porte-parole de l'Eurogroupe a dit qu'aucune demande ne lui avait été adressée pour l'instant.

Dès mardi soir, le ministre allemand des Finances a écarté un marchandage de ce type. "Il ne s'agit pas de prolonger un programme de crédit mais de savoir si le plan d'aide actuel sera bouclé, oui ou non", a dit Wolfgang Schäuble, un conservateur, à la chaîne de télévision allemande ZDF.

"LE PROGRAMME EST MORT LE 25 JANVIER"

Son homologue de l'Economie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a en revanche interprété mercredi le geste du gouvernement grec comme une volonté de négocier.

Le porte-parole du gouvernement grec, Gabriel Sakellaridis, a souligné que la requête transmise mercredi ne porterait que sur la question de la dette, alors que l'Eurogroupe a donné jusqu'à vendredi à la Grèce pour solliciter une prolongation du programme lui-même, qui expire le 28 février.

"Attendons aujourd'hui qu'une demande de prolongation du contrat de prêt soit soumise par le ministre des Finances (Yanis) Varoufakis", a-t-il dit en réponse à la question de savoir si cette requête reprenait le projet initial rejeté lundi.

"Les délibérations se poursuivent pour trouver un terrain d'entente, nous voulons croire que nous sommes sur la bonne voie", a-t-il ajouté. "Nous ne céderons pas sur certains points que nous considérons comme des lignes rouges. Le programme (d'aide) est mort le 25 janvier."

Ce jour-là, cinq ans après le déclenchement de la crise de la dette, les Grecs ont porté au pouvoir le parti Syriza, qui a promis de tourner la page du programme d'aide de 240 milliards d'euros, de revenir sur les mesures d'austérité et de libéralisation de l'économie mises en oeuvre dans ce cadre et de cesser toute coopération avec la "troïka", honnie par une partie de la population.

Malgré l'opposition allemande, le marché obligataire a bien réagi aux déclarations grecques, comme en témoignaient la baisse des rendements des obligations d'Etat grecques et d'autres pays de la zone euro mal notés.

Sans aide financière, la Grèce pourrait rapidement se retrouver à court d'argent car elle va être confrontée dès mars à des échéances de remboursement de créances du FMI. Une telle situation pourrait la contraindre à sortir de la zone euro.

"PHASE CRUCIALE"

Alexis Tsipras a jugé mercredi que les négociations étaient entrées dans une "phase cruciale". Lors d'une rencontre avec le président grec, Karolos Papoulias, il a assuré que l'hostilité de son gouvernement aux politiques d'austérité était de plus en plus partagée en Europe.

"Il y a eu des manifestations à travers l'Europe pour soutenir les initiatives prises par la Grèce et nous sommes parvenus pour la première fois via des contacts avec des diirgeants étrangers à susciter une position favorable à l'égard de nos demandes", a dit le Premier ministre grec.

Mardi, devant les parlementaires de Syriza, Alexis Tsipras a affiché sa détermination à appliquer le programme pour lequel il a été élu. Il a notamment annoncé une accélération des travaux parlementaires sur l'annulation des mesures de libéralisation du marché du travail prises par son prédécesseur conservateur.

L'Allemagne, soutenue par d'autres pays, exerce des pressions à un autre niveau que politique.

Selon des sources au fait de la situation, la Bundesbank n'est pas favorable à ce que la BCE augmente la fourniture de liquidités d'urgence aux banques grecques, une autre façon d'inciter la Grèce à solliciter la prolongation d'un programme d'aide en échange de réformes.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE doit se réunir mercredi à Francfort pour décider de maintenir ou non cet accès aux liquidités d'urgence. Les banques grecques sont fragilisées par des retraits massifs des déposants depuis plusieurs semaines.

(Avec Renee Maltezou, Costas Pitas, Angeliki Kontantou et Deepa Babington à Athènes, Jan Strupczewski à Bruxelles, Caroline Copley à Berlin et Paul Carrel à Francfort, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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