La Grèce se dote d'un gouvernement, Samaras Premier ministre

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La Grèce se dote d'un gouvernement, Samaras Premier ministre
La Grèce se dote d'un gouvernement, Samaras Premier ministre

par Lefteris Papadimas et George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Le principe d'un gouvernement est acquis en Grèce et la répartition des portefeuilles va faire l'objet de discussions dans les heures qui viennent, a annoncé mercredi à la mi-journée le chef du Pasok, Evangelos Venizelos.

Antonis Samaras, chef de file des conservateurs qui avait trois jours pour former un gouvernement, doit rencontrer aux alentours de 13h00 GMT le chef de l'Etat, Karolos Papoulias, pour l'informer qu'il est à même de former un nouveau cabinet, a déclaré un responsable de sa formation, Nouvelle démocratie (ND).

Antonis Samaras sera investi dans ses fonctions de chef du gouvernement dès ce mercredi, à l'issue de son entrevue avec le chef de l'Etat, a annoncé la présidence.

"La Grèce a un gouvernement", a dit Venizelos au sortir d'un entretien avec Antonis Samaras.

Un responsable des trois partis de la future coalition a déclaré qu'un accord s'était dégagé en outre pour que le président de la Banque nationale grecque, Vassilis Rapanos, devienne ministre des Finances.

Selon Venizelos, qui s'est exprimé devant la presse, l'objectif clé du cabinet Samaras sera la formation d'une équipe chargée de renégocier les termes du plan d'aide international.

A ce que l'on croit savoir pour l'heure, deux partis de centre gauche, le Pasok et la Gauche démocratique, devraient officiellement apporter leur soutien à la coalition de gouvernement qui sera dominée par le centre droit, sans que leurs chefs de file siègent au sein du nouveau cabinet.

Sur les 300 sièges de la Vouli, les trois partis disposeront de 179 sièges au sein du Parlement monocaméral grec

Antonis Samaras, dont le parti est arrivé en tête des législatives dimanche, avait rencontré mercredi matin le chef de la Gauche démocratique, Fotis Kouvelis, petite formation qui a obtenu autour de 6%. C'est ensuite qu'il a vu Evangelos Venizelos pour mettre la dernière main à l'accord de gouvernement.

Le chef de file de ND, ne disposant que de trois jours pour former un gouvernement, se devait de conclure un accord avant la soirée de mercredi, faute de quoi la Grèce serait retombée dans l'incertitude qui a suivi les premières législatives, tenues le 6 mai.

UNE COALITION "TRÈS AFFAIBLIE"?

"Les dirigeants (des partis) ont accepté le principe de soutenir cette coalition. Maintenant, nous discutons de ceux qui en feront partie", a dit l'un des trois membres d'une commission de négociation chargée de mettre la dernière main à l'accord tripartite.

Le nouveau gouvernement sera aussitôt pressé par l'opinion publique d'assouplir les mesures d'austérité qui ont été exigées d'Athènes en échange du plan d'aide international de 130 milliards d'euros, qui a fait l'objet d'un accord en mars avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Antonis Samaras devra contenir au même moment les tensions sociales engendrées par la dureté de la crise économique, et assurer la cohésion de la coalition en place.

Les militants de la Gauche démocratique ont entériné une motion de soutien à la coalition mais, selon des sources au sein du parti, ils ont refusé que des personnalités de leur formation siège au sein de ce cabinet, ce qui affaiblit quelque peu leur soutien à la coalition.

"Nous avons décidé d'accorder notre confiance au gouvernement qui sera formé", a déclaré Fotis Kouvelis au sortir de ses discussions avec Antonis Samaras.

"La Gauche démocratique a insisté sur un désengagement progressif des termes de l'accord du plan de renflouement qui a meurtri la société", a-t-il ajouté.

Selon certains médias grecs, Evangelos Venizelos a eu de vifs échanges avec d'autres dirigeants du Pasok lorsqu'il a défendu l'idée que les socialistes ne participent pas directement, avec des ministres, à un gouvernement dirigé par la droite.

Les deux partis de centre gauche pourraient proposer à la place des noms de techniciens comme ministres. Quoi qu'il en soit, leur réticence à peser de tout leur poids sur le nouveau gouvernement n'augure rien de bon pour les difficiles missions qui l'attendent.

"Ce sera une coalition très affaiblie", a estimé Nikos Konstandaras, directeur général du quotidien conservateur "Kathimerini", en rappelant les décennies d'animosité entre ND et Pasok, les deux grands traditionnels de la politique grecque.

Eric Faye pour le service français

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