La Grèce reste en quête de financements mais rembourse le FMI

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BRUXELLES, 9 avril (Reuters) - La Grèce a soumis aux autres pays de la zone euro une nouvelle demande d'aide financière mais ses partenaires lui ont donné six jours ouvrés pour préciser son programme de réformes afin que les ministres des Finances puissent prendre une décision, a-t-on appris de plusieurs responsables de l'Union européenne. Lors d'une réunion des représentants des ministères des Finances de la région mercredi soir à Bruxelles, Athènes a demandé qu'une nouvelle enveloppe de liquidités lui soit accordée mais ses interlocuteurs ont exigé en préalable des progrès en matière de réformes. "Côté grec, il y a eu une déclaration forte sur le fait que sa situation de trésorerie commençait à devenir vraiment mauvaise et on a appelé à dégager une aide de trésorerie avant la réunion des ministres des Finances (Eurogroupe) de la zone euro du 24 avril", a déclaré une source de la zone euro. "Mais personne ne voit comment cela pourrait se faire, personne n'est désireux d'apporter un soutien avant qu'il y ait des progrès en matière de programme de réformes." Lors d'une autre réunion la semaine dernière, la Grèce avait déclaré qu'elle aurait des difficultés pour rembourser un prêt du Fonds monétaire international (FMI) arrivant à échéance ce jeudi tout en assurant le paiement des traitements et des pensions de retraite du secteur public. Mais une source gouvernementale a déclaré jeudi que ce remboursement d'environ 450 millions d'euros aurait bien lieu. "L'ambiance était meilleure que la dernière fois mais sur le fond, c'était toujours aussi sombre", a résumé une autre source de la zone euro, à propos de la réunion de mercredi. LE CHÔMAGE BAISSE, LA PRODUCTION AUGMENTE "Il nous manque encore des précisions sur les mesures spécifiques, notamment en ce qui concerne l'impact budgétaire, et il ne reste plus beaucoup de temps: les décisions doivent être prises le 24 avril, lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe à Riga." La Grèce n'a reçu aucune aide financière extérieure depuis août alors que 7,2 milliards d'euros restent en principe à verser sur le total de 240 milliards prévus par l'Union européenne et le FMI. Elle répète régulièrement depuis plusieurs semaines qu'elle risque de manquer rapidement de liquidités mais ne bénéficie pour l'instant que de l'aide d'urgence de la Banque centrale européenne (BCE) aux banques. Si Athènes et ses créanciers parviennent à s'accorder sur une liste de réformes avant la réunion de Riga, le gouvernement d'Alexis Tsipras pourrait se voir accorder par la BCE un relèvement du plafond des émissions de bons du Trésor, ce qui constituerait un premier ballon d'oxygène. L'équipe Tsipras espère aussi qu'un compromis avec la zone euro permettra la restitution de 1,9 milliard d'euros de profits réalisés par la BCE sur les obligations d'Etat grecques qu'elle a acquises ces dernières années. En attendant, Athènes engrange de timides résultats économiques: le taux de chômage, qui avait culminé à 28% en septembre 2013, a reculé à 25,7% en janvier, son plus bas niveau depuis octobre dernier, et la production industrielle a rebondi de 1,9% en rythme annuel en février, grâce à une hausse de 5,8% de la production manufacturière. La Bourse d'Athènes gagnait 0,5% la mi-journée .ATG tandis que le rendement des obligations d'Etat grecques à dix ans refluait à 11,25% GR10YT=RR . (Jan Strupczewski, avec George Georgiopoulos à Athènes, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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