La Grèce racle les fonds de tiroir pour payer les salaires

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(Actualisé avec démenti de la Grèce §3) par Lefteris Papadimas et Deepa Babington ATHENES, 17 avril (Reuters) - La Grèce va devoir épuiser toutes les liquidités disponibles du secteur public, soit un total de deux milliards d'euros, pour verser les traitements des fonctionnaires et les retraites à la fin du mois, selon des responsables du ministère des Finances. Sans un accord de dernière minute avec ses créanciers sur le versement d'une nouvelle aide financière, la Grèce ne disposera alors plus d'argent pour rembourser au Fonds monétaire international (FMI) un prêt de 950 millions d'euros arrivant à échéance le 12 mai. Le ministère grec des Finances a "catégoriquement" démenti ces informations "sans fondement", sans toutefois fournir de précisions sur la situation réelle des finances du pays. Des responsables grecs et des représentants des créanciers (Union européenne et FMI) doivent se retrouver samedi à Bruxelles pour une nouvelle séance de discussions avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro le 24 avril à Riga. "Ce sont les derniers sous dont dispose l'Etat grec", a dit à Reuters un responsable du ministère grec des Finances, ayant requis l'anonymat. Les responsables de la zone euro ont accueilli avec scepticisme de précédentes alertes du même type en provenance de Grèce même s'ils reconnaissent que le pays est au bord de l'asphyxie financière. Depuis des mois, l'Etat emprunte auprès de diverses institutions publiques, telles que le métro d'Athènes, pour verser les salaires et les retraites des fonctionnaires. Ces sources semblent désormais taries. D'après les responsables du ministère des Finances, la trésorerie de l'Etat deviendra négative à partir du 20 avril s'il ne puise pas deux milliards d'euros dans les caisses de divers organes publics, dont des caisses de retraite et des administrations régionales. Sans cet argent, il manquera à l'Etat 1,6 milliard d'euros pour payer fonctionnaires et retraités. Les recettes fiscales, qui commencent à rentrer en début de mois, ne devraient apporter qu'un soulagement provisoire à la situation financière de l'Etat jusqu'à l'échéance du remboursement du prêt au FMI. L'amélioration sera d'autant plus relative que les recettes fiscales ont baissé depuis l'arrivée au pouvoir du parti anti-austérité Syriza en début d'année pour se stabiliser désormais à environ quatre milliard d'euros par mois. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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