La Grèce obtient un avis positif de l'UE sur ses réformes

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 (Actualisé avec précisions, position de l'Allemagne, contexte) 
    par Francesco Guarascio et Frank Siebelt 
    LUXEMBOURG, 10 octobre (Reuters) - La Commission européenne 
a émis lundi une appréciation positive au sujet du dernier train 
de mesures adopté par la Grèce, ce qui doit permettre aux 
ministres des Finances de la zone euro réunis à Luxembourg de 
débloquer une nouvelle aide de 2,8 milliards d'euros en faveur 
d'Athènes. 
    Certains pays, Allemagne en tête, ont toutefois un avis plus 
nuancé que celui de l'exécutif européen et jugent que le 
gouvernement grec n'a pas mis en oeuvre toutes les "actions 
préalables" attendues de lui.  
    Pour obtenir le versement d'une nouvelle tranche d'aide, la 
Grèce devait adopter un paquet de 15 réformes, dont la dernière 
a été approuvée au cours du week-end. Il revient à la Commission 
européenne, à la Banque centrale européenne (BCE), au Mécanisme 
européen de stabilité (MES) - le fonds de sauvetage de la zone 
euro - et au Fonds monétaire international (FMI) d'évaluer les 
actions du gouvernement grec. 
    "Le jugement que nous sommes amenés à prononcer, je crois, 
pourra être positif, ce qui devrait ouvrir la porte au 
déboursement des 2,8 milliards d'euros qui restent dans le cadre 
de la première revue du programme", a dit Pierre Moscovici à son 
arrivée à la réunion des ministres des Finances de la zone euro. 
    "Comme souvent dans le dossier grec, les choses se font un 
peu à la dernière minute, mais elles se font", a ajouté le 
commissaire européen aux Affaires économiques et financières. 
    D'après des responsables européens, certains pays, en 
particulier l'Allemagne, considèrent que la Grèce ne respecte 
pas encore vraiment les 15 conditions qui lui ont été posées, 
notamment celle prévoyant que le fonds chargé des privatisations 
soit pleinement opérationnel. Ces réticences pourraient retarder 
le déblocage complet de cette tranche de 2,8 milliards d'euros, 
la dernière prévue dans le cadre du premier examen des réformes 
entreprises par Athènes. 
    Au-delà du versement de cette somme, qui servira pour 
l'essentiel à payer des arriérés accumulés ces derniers mois, le 
respect des 15 "actions préalables" doit aussi permettre 
l'ouverture d'un nouveau chapitre du plan d'aide de 86 milliards 
d'euros conclu à l'été 2015. Le lancement de cette nouvelle 
phase, ou deuxième examen, conditionne lui-même l'ouverture de 
discussions sur un éventuel allègement du fardeau de la dette 
grecque. 
    Si Athènes respecte d'ici la fin de l'année l'ensemble des 
réformes prévues dans ce deuxième examen, elle pourrait obtenir 
l'ouverture de négociations avec les autres pays de la zone euro 
sur sa dette à moyen et long terme, ce qui constituerait une 
victoire politique pour le gouvernement d'Alexis Tsipras. 
    Les ministres des Finances de la zone euro ont accepté en 
mai dernier de commencer à discuter de l'ampleur d'un allègement 
de la dette, qui n'interviendrait qu'en 2018, une fois que le 
FMI leur aura transmis - en principe en décembre prochain - une 
nouvelle analyse sur la viabilité de la dette grecque. 
 
 (Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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