La Grèce ne peut faire face au flux de migrants-Tsipras

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LESBOS, Grèce, 5 novembre (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, en visite sur l'île de Lesbos en mer Egée, a reconnu jeudi que son pays était incapable de faire face à l'arrivée quotidienne de plusieurs milliers de migrants. Cette île située face aux côtes turques reçoit une grande partie des migrants débarquant à bord de canots pneumatiques, et les conditions d'accueil y sont, de l'avis des ONG caritatives, déplorables. "Je pense que nous sommes confrontés à un phénomène qui dépasse nos possibilités, tout le monde doit bien le comprendre", a-t-il dit dans un centre d'enregistrement des migrants, avec à ses côtés Martin Schulz, président du parlement européen. Selon les organisations humanitaires, plus de 601.000 migrants sont entrés en Europe via la Grèce depuis le début de l'année. Alors qu'au moins 430 personnes ont péri cette année en mer en tentant la traversée entre la Turquie et les îles grecques de l'Egée, Alexis Tsipras a estimé jeudi qu'il était "impératif" de trouver un accord avec Ankara pour endiguer cet exode de réfugiés, dont beaucoup viennent de Syrie. Quinze mille migrants se trouvaient à Lesbos jeudi, bloqués là par une grève des ferries qui empêchent d'acheminer les derniers arrivés vers le continent. "C'est une situation d'asphyxie", a dit le Premier ministre. A Moria, un camp militaire reconverti en centre d'accueil des réfugiés, Martin Schulz et Alexis Tsipras ont pu se rendre compte du mécontentement ambiant. "Nous sommes ici depuis trois jours. Nous avons faim. J'ai deux enfants, mes enfants sont malades", a crié un homme à l'adresse d'Alexis Tsipras. "Nous allons faire de notre mieux", lui a répondu le chef du gouvernement. (Lefteris Karagiannopoulos; Eric Faye pour le service français)

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